dimanche 21 septembre 2014

La colère de Clémence – 2ème partie

Clémence n’avait même pas pris le temps de se changer. Lorsqu’elle rentra dans l’appartement où Sam l’attendait, elle sentit que sa colère, loin d’être retombée, sourdait au fond d’elle-même.

En quelques phrases, elle lui raconta son entraînement. Sam avait été comme son entraîneur, compréhensif, et lui avait prodigué des paroles apaisantes. Mais cette attitude avait encore renforcé son exaspération.

-         Mais qu’est-ce que tu y connais, toi, d’abord, à la gym, hein ?
-         Oh … pas grand-chose … mais suffisamment pour apprécier la situation d’une manière générale et déceler que ton entraîneur t’a juste dit ce qu’il fallait … la vérité … il te faut être patiente.
-         Mais je m’en fiche d’être patiente ! Je m’en fiche de tes conseils ! Tu ne comprends rien à rien, de toute façon !
-         Clémence … calme-toi, s’il te plaît. Tu as atterri quatre fois sur tes fesses, et si tu continues tu vas atterrir sur mes genoux.
-         Je me calmerai si je veux ! Mon entraîneur est nul, je suis nulle, et toi aussi, d’ailleurs !

Clémence venait de crier. Elle n’avait pas remarqué l’agacement dans le ton de la voix de Sam. Celui-ci la regardait à présent d’un air sévère.

-         Eh bien Clémence, puisque tu ne te calmes pas toute seule, je vais te calmer, moi. Ou, plutôt, une bonne fessée va te calmer.

Le cœur de Clémence battit plus vite. Elle s’était pétrifiée en entendant le mot fessée. Elle se sentit soudain vulnérable, malgré son justaucorps qui, après tout, n’était pas facile à enlever pour ce genre d’exercice. Mais ses jambes nues, ses cuisses découvertes la rendaient vulnérable.

Comme s’il avait pensé à la même chose au même moment, Sam s’approcha de Clémence, lui prit le bras, la fit pivoter d’un quart de tour et sa main s’abattit sèchement sur sa cuisse gauche.
-         Aie !
-         Oui … c’est juste un avant-goût … tu montes et tu m’attends … tu vas recevoir la fessée, Clémence. Cela va t’aider à revenir sur terre.

Clémence avait senti une vague de papillons s’envoler dans son bas-ventre. Elle était montée sans rien dire, la gorge nouée, la tête baissée. Dans la chambre, elle s’était accroupie, recroquevillée contre le mur, les genoux pliés contre elle, ses mains entourant ses chevilles. La claque reçue sur sa cuisse était encore présente à son esprit. Non qu’elle ait été très douloureuse, mais en quelque sorte elle avait semblé annoncé la suite, comme un prélude à la punition qui l’attendait. Les larmes lui montèrent aux yeux. Une vague d’angoisse venait de la traverser. Elle savait que sa punition était inéluctable. Elle l’attendait, résignée, et en même temps aspirait à se retrouver enfin sur les genoux de Sam. Lâcher prise. Ne plus penser à rien. Subir les claques. Crier. Regretter. Demander pardon. Etre pardonnée. Etre libérée …

La porte s’ouvrit. Clémence se sentit toute petite. Sam rentra, et lui ordonna :

-         Debout.

Clémence, comme dans un rêve, se leva et fit face à celui qui, elle le savait, allait la coucher dans quelques instants sur ses genoux. Comme une gamine. Lui administrant une fessée déculottée.

-         Sam …

Son regard était implorant. Elle fit un pas vers lui, hésita et s’arrêta.

-         Je …
-         Tu n’es pas très bien, n’est-ce pas ?

Sa voix était redevenue douce. Il avait perçu dans l’intonation de Clémence, dans son hésitation un besoin profond d’être rassurée.

-         Sam …
-         Viens.

Il lui ouvrit les bras. Elle s’y réfugia. Il l’entoura et lui caressa doucement le dos. Il sentit qu’elle se calmait.

-         Clémence … tu sais que je n’aime pas quand tu es en colère, n’est-ce pas ?
-         Oui …
-         Surtout quand elle n’est pas justifiée.
-         Oui …
-         Et tu sais ce dont tu as besoin, dans ces moments-là ?
-         Oui …
-         Clémence … tu sais que je vais te la donner, cette fessée … parce que tu en as vraiment besoin. Mais même si une fessée n’est pas agréable, tu sais que je ne t’en voudrais plus, après ?
-         Oui …

Clémence avait murmuré un « oui » presque inaudible. Elle lui sut gré à l’intérieur d’elle-même de ce moment de tendresse, de ce rapprochement de leurs corps, de ces mots. Elle se sentait honteuse. Elle avait maintenant hâte d’en finir.

-         Bien. Je te laisse cinq minutes, tu vas enlever ton justaucorps, et revenir en petite culotte, en tee-shirt et en short. Ce sera plus facile de s’expliquer.

Clémence leva les yeux, voulut protester, mais baissa les yeux. Sam avait raison. Elle méritait cette fessée. Elle y aspirait, maintenant, de tout son être. Elle obéirait. Elle se dirigea comme un automate dans la salle de bains. Quand elle revint, Sam était assis sur la chaise qu’il avait disposée au milieu de la chambre. D’un signe de tête, il lui indiqua d’approcher. Il lui tendit la main et la bascula doucement sur ses genoux. Clémence sentit sa main se poser sur son short noir et rester deux secondes en contact avec ses fesses, comme un instrument qui veut s’accorder avec le la donné par le piano lors d’un concert. Une pensée la traversa une seconde : « Un concert. C’est lui le chef d’orchestre. Il va battre la mesure … me mener … à la baguette. » Comme en écho à ces mots inaudibles, les claques commencèrent à s’abattre à un rythme régulier. Clémence recevait la fessée. Au bout d’une minute, Sam fit une pause :

-         Tout va bien ? Mademoiselle Clémence a fini sa colère ?

Elle détestait qu’il la morigène de cette façon.

-         Je te déteste !
-         J’imagine, bien oui. Et je crois que tu vas me détester encore un peu plus …

Clémence sentit une main s’immiscer entre le tissu du short et son dos.

-         Noooon !

8 commentaires:

Joye a dit…

Avec cette série sur Clémence, c'est la première fois je crois (à part la série du traité mais qui était dans un autre temps,époque) que Marion,personnage fictif à la base représentant votre idéal, n'est pas l"héroïne de cette histoire. Une manière de vivre peut être plus dans le réel, être moins être exigent comme dit Louis ;-)à la recherche d'une copie d'un personnage inventé, c'est déroutant aussi car on était habitué nous lecteurs/lectrices à Marion (!) mais non c'est bien aussi le changement en fait, casser la routine et les codes, merci à vous! Patience pour la suite ^^

Joye a dit…

Juste dommage vous n'ayez pas mis une photo ;-( j'aime bien les découvrir! Vous étiez justement sans doute trop occupé à découvrir Clémence! ^^ ;-)

Annonciate a dit…

Sa colère n' est toujours pas calmée et enfin le précepteur apparaît. En fait il l'a réconforte et naturellement Clémence pense que la fessée n' aura pas lieu. Mais qu' il y a-t-il de mieux pour évacuer toute sa colère ? Une bonne fessée et Sam va s' en donner à coeur joie.

Lou presque sage a dit…

@Sam: Haaaan c'est trop bien!! Je veux la suite! Allez Sam, s'il te plaîiiiit (bouille d'ange qui supplie)

@Les copines: Eh les princesses, vous venez jouer?

Sam a dit…

@Joye: Oh, Clémence est quand même bien positionnée au centre de l'histoire, si j'ose dire ;-). Peut-être le fait que je n'utilise pas le "je" laisse plus de place à la réalité.

Sinon, pour la photo, oui, je devais avoir les mains occupées ^^

@Annonciate: Je ne suis pas sûr que Clémence ait pensé échapper à sa punition. Je pense simplement qu'elle a eu besoin d'être rassurée, de savoir que son précepteur, même sévère, est capable d'être attendri avant l'instant décisif :-). Mais celui-ci est obligé néanmoins d'aller jusqu'au bout pour son bien 0:-)

@Lou: Merci :-). La suite ... demain je pense ;-)

Tassmania a dit…

@Sam: je vois que Clémence semble avoir compris, mais que la colère n'est finalement jamais loin. Ça me rappelle quelqu'un... 0:-)
Nous on aime ça les précepteurs qui savent rester aimants et bienveillants, y compris quand ils nous donnent la fessée. Lou a raison, tu es le meilleur précepteur de tout l'univers, même que c'est comme une certaine marque de jean's: si t'existais pas il faudrait t'inventer ;)!

@Lou: Coucou! Vous m'avez manqué les autres princesses et toi tu sais :D! Oui on va jouer :)

Princesseenherbe a dit…

@Sam : La définition du mot "clémence" c'est "Vertu qui consiste à pardonner les méfaits" ... prends exemple !

Sam a dit…

@Tassmania: D'habitude ce sont les princesses qui rougissent :-D

@Princesseenherbe: Justement, je pardonne toujours ... après une explication en règle 0:-)

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