dimanche 15 juin 2014

Reprise en main (1ère partie)















Je venais de retrouver Marion à la gare. Nous avions eu une longue discussion la semaine précédente, et elle sentait confusément que tout ne se déroulerait pas comme d’habitude. Notre dernier coup de téléphone s’était achevé sur cette phrase :

-         Marion. Tu as besoin d’être reprise en main. Sérieusement.

Elle avait frémi et rougi. Certes, elle s’était déjà retrouvée déculottée sur mes genoux il n’y a pas si longtemps, mais elle savait qu’elle méritait amplement d’être punie pour son manque général de travail cette année. Pour ses insolences. Sa nervosité qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Elle avait peur, mais en même temps, aspirait à cette punition. C’était ce qui lui convenait. Elle avait enfilé une courte jupe plissée bleu marine et un joli chemisier blanc. Elle savait que je serai sensible à cette attention. Le trajet jusqu’à mon appartement s’était déroulé en silence. Marion était absorbée dans ses pensées, et n’avait pas écouté les airs d’opéra de Mozart que j’avais mis pour détendre l’atmosphère. Les haut-parleurs déversaient le célèbre air Cosi fan tutte e belle que j’affectionnais tout particulièrement. En substance, les femmes sont toutes pareilles : belles et volages, selon le librettiste Da Ponte. A n’en pas douter, Mozart devait sûrement penser qu’elles bénéficieraient d’être punies pour leurs bêtises, lui qui écrivait le 17 mai 1789 à sa chère épouse Constance : Comment donc peux-tu croire, oui, seulement même supposer que je t'aie oubliée ? Comment cela me serait-il possible ? Pour cette seule pensée, tu recevras dès la première nuit une solide fessée sur ton charmant petit cul fait pour recevoir des baisers, compte là-dessus. 

Mais pour l’heure Marion ne songeait pas à l’opéra, mais plutôt à ce qui l’attendait très probablement d’ici peu de temps.

-         Marion … tu as besoin d’un précepteur particulier, je crois. Quelqu’un qui t’explique certaines choses.
-         Pfff … je ne sais pas si tu serais un bon précepteur, toi ! « Certaines choses … » Tu manques de clarté, là, et ce n’est pas signe d’un bon pédagogue, ça !

Marion avait eu de la peine à retenir un éclat de rire nerveux.

-         De clarté ?
-         Oui ! Ou de clairvoyance, si tu préfères. Mettre en lumière. Tu vois, je vais te donner un conseil, tu devrais préciser ce que tu entends par « certaines choses ». Cela t’aiderait à m’expliquer, sans doute. A être moins confus.

Marion avait semble-t-il décidé de jouer la carte de la provocation, peut-être pour précipiter inconsciemment les événements.

-         Ah, oui … préciser certaines choses … ou alors préciser les choses, tout simplement. Mais qu’est-ce que je n’ai pas distingué en pleine lumière ? Attends, je réfléchis. Ton manque de sérieux cette année, par exemple ? Non, ça, je l’ai bien vu.
-         Sam ! Tu te moques de moi !
-         Moi ? Je n’oserais pas.

Un fin sourire venait de se dessiner sur mes lèvres. Marion, vexée, croisa ses bras et se retourna, prenant la position de bouderie qu’elle affectionnait.

-         Oh … tu boudes ? Tu sais que tu es mignonne quand tu fais ça ?

Marion se retourna d’un coup et me fixa. Ses yeux lançaient des éclairs.

-         Non je ne suis pas mignonne quand je boude ! Je suis impressionnante !
-         Ouh ! J’ai peur !
-         Et puis, si, tu oses te moquer de moi ! Tu te moques toujours de moi d’ailleurs ! Tu es méchant !
-         Dis-moi, tu ne viendrais pas de passer en mode « je suis une petite fille vexée », là ?
-         Non, pas du tout !
-         Ah, heureusement … sinon cela aurait pu dégénérer. Et tu aurais pu finir par te retrouver sur mes genoux.

Excédée, Marion venait de se précipiter sur moi en me tapant, telle une gamine hors d’elle.

-         Marion ! C’est quoi ce comportement ?

Je venais de lui saisir le bras, et mon ton sec la déstabilisa.

-         Mais … euh … c’est bon … pardon …
-         Viens voir un peu ici.

Marion venait de baisser la tête. Je plaçais mon index sous la pointe de son menton pour la forcer à me regarder. Elle recula brusquement, les yeux toujours rivés vers le sol.

-         J’ai dit pardon, c’est bon.
-         Marion. Non, ce n’est pas bon. Tu n’as pas à te conduire ainsi. Et je pense que cela va te calmer de te retrouver sur mes genoux. Ça, c’est clair, au moins ? Cela ne nécessite pas de précisions ?
-         Pardooon … allez, arrête.
-         Mais tu as raison, on n’est jamais trop clair. Lorsque tu seras sur mes genoux, ce sera pour recevoir la fessée, Mademoiselle la petite fille qui se vexe trop facilement.

C’est à ce moment que Marion me tourna le dos, visiblement hors d’elle, et commença à se diriger vers la cuisine, en proférant :

-         Arrête, je te dis ! Tu fais ch*** à la fin !
-         Ah, ça !

Un pas venait de suffire pour rattraper Marion. Ma main partit et une claque sèche s’abattit sur les deux fesses offertes.

-         Tu as gagné ta fessée, Marion. Tu es contente ? Tu files dans la chambre, maintenant. Je vais t’y rejoindre. Et, crois-moi, tu vas changer de ton.
-         Sam … je … je te demande pardon. Je suis calmée, maintenant …

Le visage de Marion venait de se décomposer. La claque reçue avait déclenché en elle une violente émotion. Elle savait que le processus était engagé, que cette claque signait le début de la punition. Elle avait voulu me tester, savoir jusqu’où elle pouvait aller, jouant tour à tour la carte du charme ou de la provocation, guettant mes réactions, se montrant tantôt repentante ou effrontée. Mais Marion était allée un pas trop loin. Elle venait de franchir le Rubicon.

-         File !

Marion traînait des pieds. Elle se retourna ses yeux humides longèrent dans les miens. Visiblement, elle était secouée.

-         Pardon … vraiment … je ne te taperai plus, c’est promis.

Et elle rajouta, d’une voix à peine audible :

-         Sam … pas … pas la fessée …

-         Je t’ai promis la fessée, Marion. Et je vais te la donner. Tout de suite.

23 commentaires:

Lou a dit…

@Sam: J'adooooooooooore...haha :D

Tassmania l'attachiante a dit…

Bon, ça valait le coup d'attendre! Moi je l'aime beaucoup cette histoire, sauf que les précepteurs sont très partiaux mine de rien...Ils citent Mozart et son librettiste aux endroits qui les arrangent!!!! Voici un autre extrait du même opéra...:

"...
Les feuillages mouvants,
Les vents inconstants,
Comparés aux hommes,
Ont plus de stabilité.

Fausses larmes,
Regards fallacieux,
Paroles trompeuses,
Caresses menteuses,
Sont leurs premières
Qualités.

En nous ils n’aiment
Que leur plaisir,
Puis ils nous méprisent,
Nous privent d’affection ;
De ces barbares,
Inutile d’implorer pitié"

J'ajouterais que certains font exprès d'asticoter leur Marion pour lui valoir une fessée, et puis pour la quantité de tapes que tu lui donnes dans une année, tu aurais pu accepter la seule et unique toute petite qu'elle t'a rendue :P!!!!!

Bon, maintenant que j'ai bien râlé... Merci Sam :)

Princesseenherbe a dit…

@Sam : Ah une histoire ! enfin ! mais Marion s'est excusée alors pourquoi veux-tu la punir ? C'est pas juste ! Pis c'est vrai que tu n'es pas toujours très clair ... elle n'a pas bien travaillé cette année c'est tout de même pas bien clair, il y a bien des moments où elle a essayer quand même !!! M'enfin sinon j'aime beaucoup ton histoire ... Marion s'améliore en tant que petite princesse, je trouve ... non ? O:-)

Annonciate a dit…

Bonjour Marion, Sam, je viens pour la première fois sur votre site que j' apprécie beaucoup. A présent j' attends la suite, la seconde partie "des aventures" malheureuses de Marion qui semble redouter tout en espérant cette fessée.

Marion a dit…

C'est pas vrai... j'ai trop bien travaillé cette année ! :-(
(;D)

Miss Leica a dit…

J'ai juste a d o o o o o o r é ...
Félicitation pour votre style, culture, et sens visiblement des mots, (des gestes!) et de la bonne photo!

Sam a dit…

@Lou: J'aime quand les princesses adorent ce que j'écris ... voire ce que je fais :-D

@Tassmania: Au fond, Don Alfonso réconcilie à la fin toutes les opinions :-D

Tout le monde accuse les femmes.
Moi, je les excuse,
si elles changent d’amour
mille fois par jour,
certains trouvent que c’est un vice,
d’autres croient que c’est une coutume,
mais pour moi c’est une nécessité du coeur.
Que l’amant qui se retrouve
finalement trompé,
ne condamne pas la faute d’une autre,
mais sa propre faute,
puisque jeunes et vieilles,
belles et laides
– répétez avec moi –
ainsi font-elles toutes.


Et il existe aussi une version apocryphe 0:-) :

Tout le monde accuse les princesses.
Moi, parfois je les fesse.
Je ne change pas d'avis
Quand elles doivent être punies.
Certains trouvent que c’est un vice,
Moi je sais qu'il faut leur serrer la vis,
Et c’est une nécessité du cœur
Pour tous les bons précepteurs.
Il ne faut pas se tromper,
Et chaque fois qu'il le faut sévir,
Gronder, faire la morale et punir,
Coucher sur ses genoux et les déculotter,
Puisque jeunes et vieilles,
Belles et laides
– répétez avec moi –
Cosi fan tutte e belle
Elles méritent toutes la fessée

:-D

@Princesseenherbe:
Les princesses sont faites pour être excusées
Mais après avoir reçu la fessée :-)

@Annonciate: Bienvenue, heureux que tu aimes ce blog ;-)

@Marion: Hummm ... une véritable Marion fréquenterait-elle mon blog ? :-D

@Miss Leica: Avec un tel pseudo, une photographe ? Merci :-). Oui, le bon geste, ça me parle 0:-)

Lou qui tire la langue à son précepteur en cachette a dit…

@Sam: T'as carrément mal lu la version apocryphe Sam, je crois que tu fatigues des yeux, c'est la vieillesse...
La version c'est celle-ci:

Tout le monde accuse les princesses.
Moi au contraire je n'ai de cesse
Que de faire reconnaître à tous
Comme elles sont adorables et douces.
Alors je les câline et les cajole
Je les aime, je les vénère comme des idoles
Et c'est une nécessité du coeur
Pour tous les bons précepteurs
Je craque devant leurs minois mutins
Je fond devant leurs sourires coquins
Et chaque fois qu'il faut sévir
Je faiblis, incapable de les punir
Lovées contre moi sur mes genoux
Je ne peux que les couvrir de bisous
Puisque jeunes et vieilles
Belles et laides,
- répétez avec moi -
Cosi fan tutte e belle
Elles ne peuvent toutes qu'être adorées

Tu vois! T'as très mal lu...

Sam a dit…

@Lou: Rire ! On ne doit pas avoir la même traduction du livret:-D

Tassmania, tout sourire a dit…

@Sam: Moi je préfère la version de Lou :P! Et heureusement que j'étais là pour donner la version de Despina, sinon tu nous aurais laissées seulement avec ce qui t'arrangeait :P!

@Lou: Ah ma Loulette, heureusement que t'es là pour veiller au grain :D! Moi je te félicite d'avoir su retrouver la version la plus logique du texte et je te fais un gros câlin, mouahhh !!!!! :D!

Marion a dit…

@Sam
La même qu'en 2009. Les années passent, les pseudos vont et viennent, mon prénom lui ne change pas. :-)

Miss Leica a dit…

@Sam: oui une passionnée, vous m'avez démasqué ;-)
Photo, fantasme, au fond ça se rejoint...Il faut avoir le bon geste au bon moment! Et vous semblez maitriser ces deux domaines ;-)

Lou étreignant tendrement son amie Tassmania a dit…

@Tassmania: ouiii j'avais la vraie version mais Sam il l'a toute gribouillée pour réecrire la sienne par-dessus! Moi j'adooore les câlins! Pour la peine je te fais deux gros bisous sur les joues!

Sam: Si j'ai le bon livret! Et Baaaam! :p

@ Les princesses: Il fait super chaud, on dirait qu'on va se baigner?

Tassmania, qui estt bien contente que les princesses existent a dit…

@Lou: Merci pour les bisous, j'aime ça autant que les câlins :)! Lou, que Sam en soit à gribouiller sur les livrets de Mozart, ça ne t'inquiète pas? Ba oui, c'est les petits princes de 3-4 ans capricieux qui gribouillent sur les livrets de Mozart, tu sais, ceux qu'on mord dans la cour d'école quand ils nous tirent les cheveux ;)! Pi oui je veux bien venir me baigner avec toi, j'adore barboter!

PS: Je me suis écroulée de rire en entendant ton "Baaaam" à des milliers de kilomètres :D!

Lou malicieuse a dit…

@Tassmania: Tu as raison je suis inquiète pour Maître Samuel...son autorité laisse à désirer en ce moment...il rit à nos blagues, il gribouille sur les livres, il ne râle plus, j'ai pas eu de leçon de morale depuis longtemps...Y a un problème. Je crois qu'on devrait faire une grosse bêtise pour voir s'il est encore là...On va se baigner toutes nues? :p

Sam a dit…

@Lou: Oui, bonne idée, comme ça quand vous sortirez de l'eau toutes nues, je n'aurais pas besoin de vous déculotter :-D

Lou a dit…

:( oooooh.....

Manon a dit…

@Sam, le récit m'a fait voyagé et frissonné. Juste une chose, ne serait-ce pas FAN tutte et non VAN? Il semblerait que oui.
Vous m'aviez mis le doute alors j'ai vérifié.

Sam a dit…

@Manon: Oups ! A force de corriger les fautes des petites princesses, j'en viens à oublier les miennes :-D.

Merci, c'est réparé :-)

Tassmania a dit…

@Lou: X-(!!!!!!!!!!!!!!!! À croire que t'aimes ça nous causer des problèmes toi!!!!!!! Enfin... Maintenant on est fixées sur le degré de forme et de vigilance de certains précepteurs!!! Allez viens, on va faire nos devoirs et se laisser oublier hein... (j'ai euh...trouvé du chocolat pour nous réconforter!)

Manon a dit…

@Sam ;-) Votre récit est ainsi parfait: 20/20! Bonne journée à vous.

Sarah17 a dit…

@Sam: la suite ce soir? Franchement c'est l'un des meilleurs récits Sam,alors on ne peut que s'impatienter ;-D

Sam a dit…

@Manon : Merci :-)

@Sarah17: Merci :-). Vous allez être satisfaite, la suite est publiée ;-). Bien que je me demande s'il est vraiment raisonnable de céder à l’impatience des petites princesses :-D

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