vendredi 18 avril 2014

Comment lui dire ?














Comment lui dire, comment lui dire
Comment lui faire comprendre d'un sourire
France Gall, Comment lui dire

Quels sont l’art et la manière d’aborder avec son/sa partenaire ce fantasme ? Comment lui dire qu’il occupe bon nombre de nos pensées et que nous aimerions – le mot est faible – le réaliser avec lui/elle ? Comment surmonter notre peur de sa réaction, si celle-ci n’est pas positive ? Comment en parler de manière la plus sereine possible ? Répondre à ces nombreuses interrogations que l'on m'a parfois posées et que l'on trouve aussi de manière récurrente sur les forums n'est pas chose facile, et il n’y a pas de réponse universelle. Je me propose cependant de partager ici quelques idées.

Je le ferai sous forme d’un dialogue avec une amie « imaginaire »,  désirant parler de ce fantasme avec son partenaire de sexe masculin, mais le discours peut bien évidemment être adapté aux autres cas de figure.

-         Sam … je rêve que mon chéri me donne une fessée …
-         Ah … et tu ne lui en as jamais parlé ?
-         Ben non … il risque de me prendre pour une folle, non ?
-         Oh … avoir des fantasmes est normal, non ? Bien sûr, ce n’est pas le plus classique, mais chacun a son propre univers … et il a peut-être ce fantasme en lui, qui sait ?
-         Ouais … le sondage Harris1 que tu m’as fait passer indique que 13% des hommes se retrouvent dedans. C’est pas terrible …
-         D’abord, ça en fait un certain nombre. Oui, 13% de manière spontanée. Mais d’une part certains peuvent le découvrir en eux, et d’autre part cela fait partie des fantasmes du Top 20 recensés par un institut de sondage ! Tu te rends compte, parmi les centaines de fantasmes que chacun peut avoir ! C’est quand même assez répandu. Et cela te permet déjà de moins culpabiliser. C’est très important. Tu as plein de films, de livres, de BD, de sites sur ce sujet ... Regarde sur Internet … tu n’es pas la seule.
-         Oui, mais j’ai vu des choses horribles, l’autre jour, sur Internet ! Des fessées hyper violentes ! Ca ne me convient pas du tout !
-         Il faut que tu saches que ce fantasme recouvre un grand nombre de réalités. C’est d’ailleurs la principale difficulté : trouver ce qui te convient. Il y a la fessée érotique et légère, qui fera partie d’un simple préliminaire, la fessée punitive, où il se joue quelque chose de plus fort, la discipline domestique, la fessée dans un cadre BDSM, où la recherche de douleur peut être plus prégnante, bref cinquante nuances de rouge, si j’ose dire … vas-y de manière progressive, en commençant par surfer sur les sites des magazines féminins, par exemple, comme Cosmopolitan. Attarde-toi sur les blogs ou sur les sites que tu aimes, et zappe les autres.
-         Pffff … c’est compliqué tout ça !
-         De toute façon, je crois que la première chose à faire, c’est d’initier le dialogue autour de vos fantasmes. 
-         Alors … je lui saute dessus lorsqu’il revient ce soir et je lui en parle ?
-         Bon … tu peux lui sauter dessus, ça lui fera sûrement plaisir :-), mais je te suggère de prendre le sujet d’une manière plus progressive. Choisis le moment où vous serez disponibles tous les deux. Cela peut donner quelque chose comme : « Dis, chéri … tu ne voudrais pas que l’on parle de nos fantasmes … Qu’est ce qui t’excite, toi ? »
-         Et s’il est gêné ?
-         Tu peux démarrer l’échange en parlant de tes fantasmes … ou préparer le terrain par des allusions, suite à un film, une lecture … Beaucoup d’hommes aiment endosser le rôle de dominant pendant l’amour, 27% d’après le même sondage. Et s’il voit que tu as envie d’être « dominée » de cette façon, ton désir peut provoquer le sien.
-         N’empêche … j’ai peur qu’il me juge.
-         Il est clair que ce fantasme est "impossible" pour certaines personnes. Alors commence par le présenter de manière légère : « Oh, tu sais, si on jouait ce soir … je serais une étudiante indisciplinée, et tu jouerais à être mon professeur … tu me flanquerais une fessée parce que j’ai eu de mauvaises notes … ou alors tu serais un sultan sévère qui doit punir sa préférée du harem …  » et tu vois sa réaction. Présenter cela sous forme de jeu permet de mettre à distance la situation et de dédramatiser. Vous pouvez aussi inventer une histoire à deux.
-         Oui … pourquoi pas …
-         Et cela fournit l’occasion de l’écouter, lui aussi. Jouer cela comme un « rôle » permet de déculpabiliser, d'investir plus facilement puisqu'on fait « comme si ... ».
-         Et s’il me dit qu’il aura l’impression d’être mon père ?
-         Il n’est pas ton père et tu n’es pas sa petite fille. Ce n’est pas parce qu’il te couche sur ses genoux et que la fessée prend souvent ses racines dans l’enfance que cela change ce que vous êtes l'un pour l'autre. De même, si tu joues une princesse du harem et lui un sultan, ça ne veut pas dire pour autant que vous « êtes » ces personnages. D’ailleurs la fessée se décline sous des formes multiples, tu peux lire Osez la fessée d’Italo Baccardi si tu veux d’autres exemples, même si je ne me retrouve pas dans la plupart. Mais c’est juste pour te rassurer sur la diversité des fantasmes possibles.
-         Et s’il a peur de me faire mal ?
-          Tu lui expliques que cela sera progressif, et que tu le préviendras si cela ne te convient pas, en prévoyant si besoin est un "mot magique" qui permet de tout stopper. Le principal c’est d’en parler après, pour comprendre le ressenti de chacun. Le désir de l’un se nourrit du désir de l’autre, et le dialogue peut amener de belles surprises.
-         Et s’il me dit que ce n’est pas un fantasme normal ?
-         Tu peux lui répondre qu’en matière de sexualité, la normalité est difficile à définir, et qu’elle est propre à chacun. Tu lui montres le sondage et le Top 20 des fantasmes … le temps du missionnaire en vue de la seule procréation est pour la plupart des gens révolu.
-         Et s’il me dit que les fantasmes ne sont pas faits pour être réalisés ?
-         Fantasmer est un mécanisme qui permet de faire monter le désir, et bien sûr il y a des fantasmes qui restent des fantasmes, ne serait-ce que parce qu’ils seraient très compliqués à réaliser. Mais cela n’empêche pas d’en réaliser certains, tant que cela se passe entre adultes consentants.
-         Et s’il me dit qu’aucun de ses amis ne lui a jamais parlé de ça ?
-         Dis donc … il parle beaucoup, ton homme ! Rire ! Tu lui réponds que toi tu as des amies qui ont déjà essayé. D’après un sondage de Femme Actuelle2, 24% des françaises ont déjà pratiqué.
-         Ah oui, quand même …
-         Et c’est trois fois plus qu’en 1985 … Tu sais, je crois que la sexualité est plus libre qu’avant. Regarde le succès de 50 nuances de gris
-         Ah, oui, je suis en train de le lire !
-         Laisse-le négligemment ouvert à la bonne page … il peut être inspiré …
-         Tu crois ?
-         Là aussi, tu peux lui proposer de « jouer » : « Dis, chéri, c’et super bien mon bouquin, tu devrais le lire … moi je trouve que tu ressembles au héros … bon, en vrai, je ne voudrais pas que tu sois comme lui, mais on devrait essayer de se faire une petite scène, tous les deux, ce week-end … j’adorerais … pas toi ? ».
-         Et tu as d’autres idées, sinon, pour être moins direct ?
-         Tu peux commencer par des allusions, pour tester ses réactions. Tu peux regarder un film avec lui … lire un livre, une BD … Tu peux laisser traîner le sondage sur les fantasmes les plus courants … (« Regarde chéri, ce que m’a passé une copine ! Un article trèèèèèèèès intéressant sur les fantasmes des français. Il y en a plein ! Allez, on fait le test, toi tu coches quoi, comme fantasme ? ») ou un article d’un journal féminin qui en parle et qui dédramatise la chose … (« Regarde chéri, ce que m’a passé une copine ! C’est incroyable, non, ces femmes qui aiment recevoir la fessée ! Tu en penses quoi, toi ? ») ou laisser ouvert une page Web d’un site qui en parle (« Tu regarderas, chéri, je suis tombé complètement par hasard, mais vraiment par hasard sur un article de blog qui explique aux femmes comment parler de leur fantasme de fessée. C’est incroyable, non ? » :-D).
-         Bon … je vais essayer … d’autres idées ?
-         Tu peux lui proposer un jeu … écrire à tour de rôle le fantasme que vous voudriez réaliser avec l’autre … tout dépend de ce que vous avez l’habitude de faire, comment vous échangez. Il faut que tu trouves quelque chose qui vous convienne. C’est à toi de voir. Mais dans tous les cas l’important est de provoquer le dialogue, et de ne pas dramatiser.
-         Une autre idée ?
-         Dis … je vais être à court ! Si, tiens … il joue parfois les « machos », en te donnant une claque sur les fesses ?
-         Oh … ça lui arrive …
-         Essaye de rebondir là-dessus et dis-lui en plaisantant : « Aïe ! Tu ne vas pas me donner la fessée, quand même ? Quoique … ça ne doit pas être désagréable avec toi … », et tu vois s’il réagit … Tu peux aussi le provoquer, l’embêter, et quand il est énervé, tu lui dis : « Je sais, je suis insupportable, mais il faudra que tu me donnes une fessée pour que je m’arrête ! ». S’il commence à réagir et te menace, tu peux rajouter : « Même pas cap’ je parie ! », en général c'est radical :-D.
-         Bon, d’accord … je vais voir comment m’en tirer. Mais si malgré tous mes efforts il me dit que cela ne le branche pas du tout ?
-         Il a le droit … Les fantasmes ne se décrètent pas … ils sont différents d’une personne à l’autre … chacun a ses propres envies et ses limites … mais tu peux lui demander ce qui le gêne, tu auras une information utile. S’il te dit par exemple qu’il ne veut pas avoir l’impression de t’imposer quelque chose, ou qu’il ne veut pas d’une femme soumise, tu peux le rassurer en lui disant que c’est dans un espace que vous « ouvrez » lui et toi. Qu’à partir du moment où toi tu l’acceptes, il n’y a pas de problème. Il y a ce que vous « jouez » dans votre sexualité, et ce que vous êtes par ailleurs, dans la vie de tous les jours.
-         D’accord. Mais s’il essaye pour me faire plaisir, et qu’au bout du compte il n’est pas convaincu ? Si ça ne lui convient pas ?
-         C’est à toi de voir … certains s’en accommodent … d’autres vont voir « ailleurs », en parlent ou non à leur partenaire …  Si tu lis les forums, tu verras qu’il y a beaucoup de situations différentes et d’interrogations sur ce sujet, notamment sur le fait de savoir si recevoir une fessée d’une autre personne que son partenaire c’est le tromper ou non. Mais c’est une décision qui doit être mûrement réfléchie. Savoir quelle place tient ce fantasme dans ta vie.
-         Bon … je te raconterai, alors, si j’arrive à le convaincre !
-         Si ça se trouve, il va beaucoup aimer ! Bon courage à toi. L’important, c’est que tu puisses dialoguer et avancer dans la relation.


Ce post ne recense bien évidemment que quelques idées générales, qui peuvent s’appliquer d’ailleurs à d’autres fantasmes, et dont l’objectif est d’éviter de culpabiliser, d’une part, et de dédramatiser la situation d’autre part, notamment en instaurant le dialogue. Peut-être que certain(e)s nous feront part de leur propre expérience ou de leurs bonnes idées :-). Et dans tous les cas, n'oubliez pas de laisser du temps au temps ...

13 commentaires:

Lou a dit…

@Sam: très beau post, il n'est en effet pas forcément facile d'accepter ce fantasme et encore moins, parfois, d'en parler à son partenaire. Parfois (c'est mon cas), il n'y a pas besoin de l'expliquer, il se devine généralement tout seul, mais souvent, c'est quelque chose de non assumé et bien refoulé qui ne se laisse pas deviner. Merci de ces conseils...

Bon je te pardonne pas la référence à 50 nuances de machin chose par-contre!!

Pi euh...ça nous donne pas notre histoire ça! (quoi je rougis...roh t'es chiant à tout comprendre...)

Sam a dit…

@Lou: Merci :-). Quant à 50 nuances de Sam, euh ... Grey :-D, oui, je sais que ce n'est pas de la grande littérature, d'après ce que j'ai pu entendre (je ne l'ai pas lu), mais j'ai trouvé intéressant de le citer comme exemple pouvant faciliter l'acceptation de nos fantasmes, compte-tenu de son succès que j’explique non pas par ses qualités littéraires, mais par le fait qu'il "autorise" ces fantasmes.

Tu rougis ? Tu fais bien :-D

Tassmania qui sourit toute seule comme une idiote a dit…

Aaah Sam, Sam, Sam.... Non, rien :D!

Lou a dit…

@Sam: Le succès de ce "livre" n'est en effet pas le résultat d'un style talentueux puisqu'il est l'illustration même d'une écriture synonymique et clichée qui me fait bondir. Tu n'as pas tort en revanche dans la possible raison de son succès (quoi que...c'est comme Houellebcq hein, il y a des choses qui nous échappent lol), il met des mots crus sur des pensées crues que bon nombre d'hommes et de femmes n'osent formuler et donc peut aider à dédramatiser la chose. Ne dit-on pas que l'acceptation passe par la vulgarisation après tout...
Mais quand même, je ne peux pas m'empêcher de fulminer...j'aime bien mieux l'érotisme dérangeant et poétique de Nabokov et j'encourage vivement toutes mes copines princesses à lire Lolita ou Les poèmes à Lou de mon amour de Guillaume Apollinaire, sale gosse de haute volée (avec jeux de mots s'il vous plaît!^^)

...Oui je rougis...et je ne suis pas encore écarlate mais je me doute que cela ne va pas tarder...boule au ventre...:(

Sam a dit…

@Tassmania: Bon, j'aime bien aussi faire sourire les petites princesses :-D

@Lou: Je ne suis pas sûr que les mots crus soient nécessaires, mais que les choses soient dites, oui, tout à fait. Et encore une fois je ne pense pas que le but de 50 nuances ait été de remporter un prix littéraire :-D. Quant à Houellebecq, jamais pu en lire plus que quelques pages ... ce n'est pas du tout mon univers ... mais apparemment il a son public :-D. Oui, Apollinaire écrit beaucoup mieux, je trouve :-D, et sa poésie est beaucoup plus inspirante 0:-).

Et pour finir ... il se peut que tu deviennes écarlate ... et pas que sur tes joues ...

Amandine a dit…

Pour ma part, je pense que le mieux est de parler de ses fantasmes dans les moments câlins et vraiment intimes que nous partageons avec notre partenaire. S'il ne connait pas l'univers de la fessée et que cette notion le choque (notamment s'il a été fessé lui-même pendant l'enfance et qu'il ne comprend pas que nous parlons de quelque chose de complètement différent), nous pouvons lui montrer de ces jolies photos qui nous touchent tout particulièrement, ou bien des vidéos (mais là encore très douces, un peu comme celle-là).
Normalement, il ne devrait pas y avoir trop de difficultés à ce qu'il nous offre quelques petites claques sur notre joli postérieur. Et quand il se rendra compte que cela nous met dans une disposition disons toute particulière, il n'y a pas trop à douter qu'il y revienne souvent lors des préliminaires.
Mais cela ne fera jamais de lui un véritable spanker. Pour donner la fessée que nous chérissons toutes dans notre fantasme, avec ses réprimandes, sa mise au coin, son dénudage progressif, son pardon et surtout cette immense tendresse à peine cachée sous un discours un peu strict, il faut avoir ce fantasme en soi. Parce qu'il n'a rien de logique ni de vécu, je ne pense pas que quelqu'un qui soit 100% vanille arrive à le saisir. Mais peut-être que je me trompe!
En tout cas, je suis d'accord avec Lou, il est absolument impossible de se servir de 50 nuances de Grey pour inciter quelqu'un à la fessée, ne serait-ce que parce que la fessée n'y est jamais précisément vu comme quelque chose de positif, et que le style est tellement déplorable qu'il ferait fuir notre prince charmant à toutes jambes! :-D

Aphy a dit…

@Sam : J'ai régulièrement eu ce genre de préoccupations avec mes partenaires n'étant pas de notre petit monde et en général, j'ai éteint cette part de moi. Actuellement, je me retrouve encore une fois dans cette situation, à la différence que aujourd'hui je peux difficilement me passer de cette part de moi.
Donc voilà, je n'ai plus qu'à me prendre à ce douloureux exercice lol
Mais ton article et tes arguments sont très pertinents et donc précieux. Merci Sam :-)

@Lou: Tout à fait d'accord avec toi, question style d'écriture, 50 nuances de Grey n'est vraiment pas génial mais cela parle de choses qui était tabou. Et pour Apollinaire, je vais aller jeter un oeil et m'instruire... ;-)

Sam a dit…

@Amandine: Oui, les moments intimes sont des moments privilégiés pour aborder cela, parce que les corps, les cœurs et les âmes sont proches … Par contre, personnellement, je ne suis ni sûr du « Normalement, il ne devrait pas y avoir trop de difficultés … », ni du « Cela ne fera jamais de lui un véritable spanker ». Parce que la personne en face peut être totalement hermétique à cela, ou au contraire avait effectivement ce fantasme en elle et n’attendait qu’une « occasion » pour qu’il remonte à la surface.

J’avais cité 50 nuances comme une « démocratisation » si j’ose dire de fantasmes considérés comme hors-normes. Cela peut à mon sens servir de catalyseur, si cela parle à la personne. Cela a paraît-il entraîné une rupture de stock des martinets et autres accessoires dans certains sex-shops :-D. Mais ne l’ayant pas lu, je n’ai effectivement pas d’avis sur le fond.

@Aphy : Cool si cela peut te servir :-)

Olivia a dit…

@Lou: Je suis tout à fait d'accord avec toi pour Nabokov. Lolita est d'ailleurs un de mes livres préférés. Quant aux poèmes à Lou d'Apollinaire, sublimes également. Nous partageons apparemment les mêmes lectures. :-)

Lou a dit…

@Sam: Maître Samuel...on est re-sages maintenant et on a été beaucoup punies alors...est-ce qu'on peut avoir une nouvelle histoire? S'il te plaît, dis?

Sam a dit…

@Lou: C'est si gentiment demandé ... je vais voir ce que je peux faire cette semaine ;-)

Lou, assise tranquillement avec son lait chaud a dit…

@Olivia: Chouette une nouvelle copine princesse :)

@Sam: Ben oui...je suis sage maintenant...:)

Tassmania a dit…

@Sam et les copines: moi aussi je suis sage 0:-)

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