mardi 11 mars 2014

Histoires pour endormir les petites princesses – (parenthèse balnéaire) – 3ème partie













Timidement, elle se serra contre lui. Elle avait besoin de se laisser aller, de puiser du courage dans le fait de le sentir contre elle, de se sentir comprise, même si, à ce moment précis, elle aurait voulu se trouver loin, très loin ... Elle le remercia intérieurement de lui avoir ouvert ses bras. Ses mains l'entourèrent affectueusement, la serrèrent fort, puis descendirent lentement au creux de ses reins, frôlèrent ses fesses en s'y attardant un peu et finirent par une caresse de ses cuisses, la pulpe de ses doigts glissant légèrement sur les chairs encore rougies.

-    Allez … on y va maintenant …

Le trajet en voiture se passa comme dans un rêve. Il lui avait dit qu’il la photographierait depuis la voiture, à travers la vitre, que les reflets l'envelopperaient d'un halo protecteur, et qu'elle n'en serait que plus belle, cachée, protégée, mystérieuse. Lorsqu’elle descendit et se dirigea vers le marchand de glaces, une pénombre rassurante l’enveloppa. Mais très vite elle sentit la lumière crue des lampadaires sur elle. Elle marchait la tête baissée. Honteuse.

Lorsqu’elle s’approcha de la baraque en bois, elle sentit les regards d’un jeune couple à côté d’elle. Le jeune homme avait jeté un coup d’œil appuyé à ses cuisses nues et semblait interloqué, mais elle surprit dans le regard de la jeune femme comme une lueur d’envie. Au moment où elle commandait sa glace, cette comptine enfantine lui revint dans sa tête : « Une glace à la vanille … pour les petites filles … ». Elle repensa à sa punition. Fessée comme une petite fille. Comme une gamine. Elle avala difficilement sa salive et remercia le marchand qui lui tendit le cornet biscuité surmonté de deux boules blanches. L’espace d’un instant elle pensa à ses deux petites fesses blanches qui avaient rougi … Elle espéra que Sam ne fasse pas la même analogie ... il aurait été bien capable de lui faire remarquer ironiquement qu’une glace à la fraise aurait été plus appropriée … Après avoir payé, elle respira un grand coup et soutint avec défi le regard du couple qui continuait à la dévisager … ou plutôt à la déshabiller du regard. Elle pensa qu'elle assumait ce qu'elle était, ce qu'elle voulait, et ressentit un poids de moins sur ses épaules.

Elle s’arracha à ses pensées, approcha doucement sa langue de ce qu’elle imagina être de douces collines miniatures recouvertes de neige – de la neige à cette saison, quelle idée bizarre songeât-elle –  et titilla avec sa langue la crème glacée, savourant le mélange sucré et glacé. Elle revint à la voiture, toujours suivie du regard des jeunes gens, et distingua la silhouette de Sam qui continuait à prendre des photos. Elle ouvrit la porte, s’assit et mordit dans sa glace. Il se pencha sur elle, l’embrassa, savoura le contraste de sa langue chaude et de la vanille glacée et murmura à son oreille :

-    Je suis fier de toi. Tu es une grande, maintenant.

Messages les plus consultés