samedi 31 août 2013

La rentrée de Marion (1ère partie)















L’année qui venait de s’écouler n’avait pas été très studieuse pour Marion. Elle n’était pas satisfaite de ses résultats. Moi non plus. Malgré son potentiel, elle s’était dispersée dans mille et une activités plus ou moins futiles, n’arrivant pas à se concentrer sur la distance. Marion n’avait pas été assez rigoureuse, et la fréquence de nos rencontres n’avait pas été assez élevée pour y remédier.

J’étais bien décidé à ce que l’année suivante soit exemplaire. Marion devait être reprise en main. Et je comptais bien profiter des quelques jours de vacances que nous avions décidé de passer ensemble au bord de la mer pour aborder ce sujet. Les deux premiers jours avaient été étouffants, et nous nous étions contentés de nous reposer, de longues siestes dans la vieille maison baignée d’une faible lumière filtrée par les rideaux, entrecoupées de baignades tôt le matin et tard en fin d’après-midi, lorsque la plage était presque déserte. Ce matin-là, de lourds nuages s’étaient accumulés dans le ciel. Le ciel gris foncé annonçait un orage proche. Au petit déjeuner, j’avais signifié à Marion que nous nous expliquerions sur l’année qui venait de s’écouler. Et sur les garde-fous à mettre en place pour qu’elle puisse s’épanouir dans ses études pour l’année à venir.

-         Marion … ce soir nous discuterons tous les deux … sur ton année scolaire.
-         Ah bon ? Je m’en fiche, elle est déjà passée !
-         Oui. Et plutôt mal. Tu as été loin d’être sérieuse.
-         Oh arrête ! Je suis étudiante, il faut bien que j’en profite !

Marion commençait à chercher des excuses, mais au fond d’elle-même savait que j’avais raison. Elle n’avait pas été sérieuse. Elle n’arrivait pas à tenir ses objectifs. Elle réussissait moins bien que ses camarades de niveau équivalent. Elle savait que sa mauvaise foi ne tiendrait pas longtemps face à mes reproches. Mais ses arguments étaient comme une tentative de reculer l’issue qu’elle redoutait, dont elle savait également qu’elle lui était nécessaire.

-         Bien sûr. Mais profiter ne veut pas dire faire n’importe quoi. Il t’a manqué un cadre cette année.
-         Ah ! Donc tu vois, c’est bien de ta faute !
-         Et là tu frises l’insolence ma petite Marion.
-         Ah bon ? Pourquoi ?
-         Marion, quand tu seras allongée sur mes genoux tout à l’heure, je crois que tu feras moins la fière. Et je ferai en sorte que l’an prochain tu ne dérives pas.

Ces dernières phrases prononcées d’un ton un peu plus sec avaient mis fin à notre échange verbal.

L’orage avait menacé toute la journée sans éclater. Nous avions reculé à chaque fois l’instant de sortir, mais en cette fin d’après-midi nous aspirions à un peu d’air frais, et lorsque les premières gouttes commencèrent à tomber, nous décidâmes d’aller courir le long de la grève. Il y a un certain charme à sentir sur son corps les éléments naturels, et nous aimions tous les deux courir sous la pluie, sentir les gouttes s’écraser sur notre peau et le sable mouillé s’enfoncer sous nos pieds. Les premières gouttes gorgées de la chaleur environnante de l’air étaient tièdes, mais bien vite la température s’abaissa et nous frissonnâmes. La pluie tombait à présent beaucoup plus violemment que nous ne l’avions imaginé, et c’est trempés que nous avions rejoint la maison.

-         Ouf ! Ça fait du bien !
-         Oui, vivement une bonne douche ! 

Marion enleva ses baskets, baissa son short trempé, retira devant moi sa petite culotte mouillée, offrant à ma vue ses jolies jambes et ses petites fesses et se précipita sous la douche. Je l’y rejoignis. Après le froid de la pluie, nous appréciâmes le jet d’eau tiède sur nos deux corps.
La douche était finie, et nous avions enfilé des vêtements secs. Marion était devant moi. A son regard je sentis que c’était le moment. Elle m’avait parlé la veille de son agitation, de son caractère colérique qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Tout en étant furieuse contre elle-même de ses accès soudains de colère, qui lui faisaient répondre de manière sèche à ses proches sans prendre de gants. Toute l’année, elle avait réagi de la même façon avec les personnes qui désiraient sincèrement l’aider. Ses professeurs de l’année précédente avaient eux aussi subi sa mauvaise humeur chronique, son goût pour la provocation, sa remise en cause de l’autorité qu’ils incarnaient. Malgré elle, elle s’était sentie honteuse le jour où l’un d’eux lui avait fait la leçon, lui signifiant qu’il attendait beaucoup mieux d’elle.
Elle s’était habituée à des notes en dents de scie, à donner un coup de collier final avant les partiels importants, mais au fur et à mesure de l’année, cette méthode avait moins bien marché. Marion avait tendance à trop se reposer sur son potentiel. Comme tout un chacun, elle avait besoin de s’investir et de travailler pour qu’il s’épanouisse pleinement. Elle savait tout cela. Mais elle avait besoin qu’on le lui explique … autrement …

-         Sam … j’en ai marre de mes études. De toute façon j’ai tout raté.
-         Oui … mais tu sais pourquoi au moins.
-         Oh … pas la peine de me faire la morale … de toute façon je déteste ce système !
-         Ah oui … après tout, c’est ton choix de te mettre en dehors de lui … mais je ne suis pas sûr qu’au fond de toi c’est ce que tu veux.
-         Tous les profs que j’ai eus étaient nuls, de toute façon.
-         Tous ? Tu as dû mal tomber alors … tu n’as vraiment pas de chance …

Marion avait perçu mon ton moqueur, ce qui l’énerva encore plus.

-         Et bien c’est comme ça et pas autrement ! Et de toute façon tu n’y peux rien !
-         Disons que … si j’avais été là certains jours …  tu m’aurais raconté ta semaine … tes notes … ton attitude … et j’aurais pu faire quelque chose, je crois.
-         Ah oui ? Et tu aurais fait quoi ?

Marion savait qu’elle était sur une mauvaise pente.

-         Oh … je crois qu’une bonne fessée dans ces cas-là t’aurait fait le plus grand bien.

5 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

Aller courir sous la pluie ... voyons Sam ! Que Marion soit tentée de le faire, c'est compréhensible ... mais ce n'est pas bien raisonnable de la laisser faire et même de l'accompagner ! De toute façon si elle tombe malade ce sera ta faute -_- ( Et non, la " réchauffer " après ne changera rien parce qu'elle a peut-être déjà pris froid ! )

Sam a dit…

@Princesseenherbe: Non, non ... je ne laisserai pas ma petite Marion tomber malade ... elle est résistante ;-) ... mais parfois elle râle, elle est désagréable, et elle ne se rend toujours pas compte de ce qu'elle fait ... elle a besoin dans ce cas-là de bras qui la prennent fermement et qui lui montrent le chemin à suivre ... et parfois TRÈS fermement ... avec un effet secondaire sur la chaleur dégagée ;-)

Princesseenherbe a dit…

@Sam : Elle ne " râle " pas, elle te signifie son mécontentement de façon très claire -_- et elle ne serait probablement pas désagréable si tu l'écoutais un peu plus et que tu étais plus compréhensif. M'enfin moi je dis ça ... :-P

lou a dit…

@Sam: Haaan je viens de voir que tu as écrit! Oups...je crois que je vais me faire disputer pour mon message perso précédent où je demande pas très gentiment que tu écrives à nouveau...pardon...:)

@Princessenherbe: Tu as bien raison de prendre la défense de Marion copine, parfois Sam a de drôles d'idées!

Sam a dit…

@Lou: Tu viendras me voir demain dans mon bureau ... et sinon j'ai toujours des bonnes idées pour guider mes petites princesses :-P

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