vendredi 26 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VI


Psychologie de la jeune princesse

4ème partie



Herbeline, la tête basse, n’osa pas protester et précéda Maître Samuel qui referma la porte derrière elle. Elle respira un grand coup, et se souvint de la dernière fois où elle avait franchi cette porte. Elle avait joué avec Sélène, Sophia et Louise à mimer l’histoire des épousailles de Venise avec la mer, cette histoire captivante que Maître Samuel leur avait un jour racontée. Elle s’était imaginée à la place du doge, jetant lors de la cérémonie nuptiale, la sposalizio del mare comme la nomment les italiens, un anneau d’or dans l’étang, rebaptisé lagune pour la circonstance. Prise par le jeu, elle avait retiré le joli anneau qu’elle portait d’ordinaire à son doigt, mais au lieu de le conserver dans la main lorsqu’elle avait jeté son bras en avant, il lui avait malencontreusement échappé et l’anneau avait atterri dans l’eau trouble. Mise au défi par ses camarades et malgré son appréhension, elle avait plongé la tête la première pour le récupérer. En vain. Et c’était au moment où elle sortait de l’étang, dépitée, trempée, que Maître Samuel l’avait aperçue. Elle avait reçu une fessée dont elle se souvenait encore, d’autant que le percepteur l’avait obligée à retirer immédiatement sa robe, et c’est en petite culotte qu’il l’avait amenée à son appartement, n’oubliant pas de ponctuer sa route de claques d’autant plus cuisantes que sa peau était trempée. Cette fessée mouillée, comme l’avait appelé par la suite les petites princesses, était restée dans les annales du fait de ses circonstances particulières. Herbeline sentait confusément que la correction qui s’annonçait allait probablement rivaliser avec celle dont elle venait de se rappeler.

Herbeline ne s’était pas trompé. Maître Samuel s’empara d’une chaise et la plaça au milieu de la pièce. A la fin de la première fessée, troussée, déculottée, les fesses en feu, Herbeline savait déjà qu’elle réfléchirait à l’avenir à deux fois avant de se plonger trop longtemps dans les histoires illustrées. Au moment où le précepteur la conduisit dans le coin de la pièce, elle aperçut le coussin qu’il avait préparé pour qu’elle puisse se mettre confortablement à genoux. Maître Samuel était certes sévère, mais il détestait par-dessus tout infliger des punitions inutiles. Cette marque d’attention, accompagnée du sentiment que son précepteur était vraiment fâché par sa conduite la fit éclater en sanglots, qui redoublèrent quand il lui annonça :

-         Tu peux pleurer ma petite Herbeline … car les trente claques qui t’attendent dans quelques minutes vont être à coup sûr désagréables.

Désagréable était un euphémisme pensa t’elle … mais il était encore plus douloureux d’être privé de la tendresse de Maître Samuel. Elle n’avait jamais autant aspiré à être pardonnée. Elle ne protesta pas lorsque le précepteur l’obligea à mettre ses mains derrière sa nuque, offrant à son regard ses jolies fesses rougies qui allaient devoir encore subir la marque de ses mains.

La fin de la correction se passa comme dans un rêve. Dès la première claque, Herbeline battit des jambes, tant sa peau était devenue sensible.

-         N’oubliez pas de compter chère Herbeline …
-         Aïe ! Ouye ! Ca fait mal … Un …
-         Une fessée n’est pas censée faire du bien je crois …

Au bout de vingt claques Maître Samuel la releva.

-         C’est … c’est fini ?
-         Herbeline … combien de claques vous-ai je promis ?
-         Tren … trente …
-         Il en reste donc ?
-         Dix …
-         Que vous allez recevoir debout.
-         Non ! S’il vous plait ! Pas debout !
-         Herbeline … ce n’est pas vous qui décidez …

Le bras gauche maintenu au creux de ses reins, Herbeline subit les dix dernières claques sur ses fesses et ses cuisses, trépignant, hurlant, sanglotant. Lorsque enfin cela s’arrêta, elle se précipita sur le lit en cachant son visage dans l’oreiller. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre ses esprits. Lorsqu’elle se retourna, Maître Samuel était là, avec un tendre sourire. Elle lui tendit ses bras et sentit une vague de douceur la submerger. Enfin …

Maître Samuel caressait doucement son dos, ses bras, ses globes rebondis et rougis et ses douces cuisses.

-         Allons … allons … c’est fini …
-         Pardon … Maître …
-         Vous saurez comment frapper à ma porte, désormais, n’est-ce pas ?
-         Maître … s’il vous plaît … j’ai honte …
-         Je le sais … mais je tiens à m’assurer que la punition a été suffisante … si vous vous avisiez de protester, cela m’indiquerait qu’un ajustement est à prévoir …

Herbeline ne tenait pas vraiment à connaître la teneur des « ajustements » de Maître Samuel. Elle se blottit plus fort et murmura :

-         J’ai compris maintenant … je vous le promets … je ne lirai plus d’histoires illustrées si je n’ai pas fait mon travail … et je frapperai respectueusement à votre porte en vous attendant comme une petite princesse sérieuse, sage et polie …
-         C’est bien …

La lueur d’une chandelle projetait leurs ombres sur le grand mur blanc. Petit à petit la douleur s’estompait. Herbeline pensa qu’emprunter la première marche de l’escalier qui mène au paradis devait ressembler à un moment comme celui-ci. Cela lui fit songer à cette vieille ballade que leur avait fait étudier Maître Samuel, et dont elle avait appris par cœur quelques bribes. Lorsqu’elle se rapprocha un peu plus de son précepteur, elle chantonna à l’intérieur d’elle-même :

Yes, there are two paths you can go by, but in the long run
There's still time to change the road you're on.
And it makes me wonder.

9 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

J'aime moins les histoires où c'est Herbeline qui est punie :'( ... mais elle est bien écrite quand même, je dois bien l'avouer. J'adore les paroles à la fin :-D
Demain une autre histoire ?

Lou a dit…

Quelle belle suite! C'est de mieux en mieux rédigé...le souci c'est que c'est tellement bien qu'on ne se sent jamais rassasié...et moi j'en veux toujours plus :)
C'est quand l'autre histoire???

Princesseenherbe a dit…

@Sam : C'est quand que tu nous écris une autre histoire ? Parce que c'est lonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnng !!! :'( on n'a même plus droit au manuscrit de Lou pour nous faire patienter ! pffffff

Lou a dit…

Saaaaaam...on veut la suite nous...s'il te plaît...allez, dis oui...

@Princessenherbe: Je crois que la suite du manuscrit ne va pas tarder :)

Selene a dit…

Il avait pas dis: deux explications + 30 claques, maitre Samuel? Parce qu'il en manque une... mais je dis ça...je dis rien...^^

Princesseenherbe a dit…

@Selene : Mais tu es méchante ! Herbeline pourrait se prendre une troisième fessée avec des commentaires pareils ! Tu es de quel côté ?

Et puis je pense que seulement deux fessées avaient été promises : la première pour les histoires illustrées et la seconde pour s'être mal comportée devant la porte.
Le " Et ensuite ... 30 claques supplémentaires ... " n'est qu'une explication de ce en quoi va consister la deuxième fessée. Ce n'est pas un " et ensuite " d'ajout mais un " et ensuite " pour articuler son discours. -_-

Selene a dit…

De quel coté... ben du mien ^^ En même temps c'est vrai qu'il a été sévère pour de bien petites choses! On devrait rechercher le precepteur de maitre Samuel quand il était petit! Je suis sure qu'on en apprendrait de belles!

Princesseenherbe a dit…

@Selene : Je suis sûre que Maître Samuel quand il était petit, il n'était pas sage et qu'il s'en est pris aussi des corrections ... c'est pour cela qu'il se venge sur ses petites princesses tout innocentes.

Selene a dit…

C'est bien ce que je me dis!

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