mercredi 10 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VIII


De l'art et la manière de déclencher une punition

Instaurer un cadre et une relation entre le précepteur et la princesse qui lui est confiée demande un certain temps et de nombreux échanges qui nourriront la relation. Mais comment s'établit cette relation particulière ? Tu trouveras deux modalités, cher lecteur, qu'il te sera utile de connaître : la menace que tu manieras avec doigté et la provocation qui est l'apanage des petites princesses.

Pour ce faire, tu annonceras le plus clairement possible ce qui attend ton élève, et ce d'autant plus que la princesse débutante est ignorante des punitions qu'elle encoure suite à un comportement inapproprié. Souviens-toi que cette menace devra ensuite être mise à exécution : il importe que la punition soit proportionnelle à la faute et qu'elle soit juste. Avec la princesse débutante, tu agiras avec progressivité, mais fermeté. Avec la princesse expérimentée, tu seras sévère afin que la leçon ne soit pas oubliée. Mais arrêtons là les longs discours, tu en verras beaucoup plus utilement une illustration dans le récit qui va suivre.



Ce mercredi-là, lorsque Maître Samuel fit son câlin à Herbeline au moment de se coucher, il lui annonça qu'ils seraient seuls tous les deux pendant quelques jours.

- Herbeline … Sophia a dû rentrer précipitamment auprès d'une parente malade … J'ai conseillé aux parents de Louise de l'emmener respirer quelques jours l'air de la mer, je l'ai trouvée fatiguée ces temps-ci … Quant à Sélène, elle est un peu lunatique ces derniers temps ... et je l'ai invitée à se reposer quelque temps chez une lointaine parente ...

Herbeline oscilla entre l'envie de sortir du couvent - enfin respirer l'air de la liberté - et la joie malgré tout d'avoir Maître Samuel pour elle toute seule. Si elle se débrouillait bien, elle arriverait bien à lui voler quelques câlins supplémentaires sans qu'il s'en aperçoive … et sans que cela se termine comme l'autre nuit, où sa nuit avec Maître Samuel s'était achevée par une cuisante fessée. Il avait fallu que la jalousie de Louise provoque une dispute qui leur avait été fatale en définitive à toutes les deux. Herbeline en était là de ses pensées lorsque la voix du précepteur la ramena à la réalité :

-         Et, bien entendu, j'attends de vous une conduite particulièrement exemplaire …

Herbeline décida de sourire, tendit les bras et ne relâcha Maître Samuel qu'à regret. Elle se félicita néanmoins de la longue durée du câlin, proportionnelle très certainement à son attitude. Louise avait commencé à lui apprendre à enjôler les hommes, et elle éprouvait un grand plaisir à s'exercer avec Maître Samuel. Elle s'endormit, rêvant tout à tour de câlins et de fessées mélangées. Le souvenir de ces rêves la poursuivit toute la matinée du lendemain. Elle décida d'en faire une comptine pour s'en rappeler, tant le mélange de tendresse et de sévérité chez Maître Sam l'attirait et lui faisait peur tout à la fois. Une fessée n'est pas un moment des plus agréables qui soit, se disait-elle en écrivant :

Les petites princesses
Et leurs jolies fesses
Sont faites pour enjôler
Les précepteurs fâchés
Afin qu'ils oublient
Les bêtises qu'elles font la nuit
Et se faire cajoler
Au lieu de recevoir des fessées.

Le déjeuner se passa de manière très agréable. Ils devisèrent sur les études et le nécessaire sérieux qu'il convenait d'y apporter. Maître Samuel félicita son élève sur ses excellent résultats – elle était la première de son groupe – et l'encouragea à se maintenir à ce niveau. Herbeline était aux anges. Peut-être cette trop grande confiance accordée fût-elle le déclencheur de sa demande malheureuse ? Ou encore l'absence de ses camarades, lui donnant le sentiment d’être invincible ? Toujours est-il que le soir, triomphante, elle annonça à Maître Samuel :

- Maître ! Un câlin !
- Pardon ? Et bien, Herbeline, est-ce de cette manière dont je vous ai appris à demander les choses ?

Herbeline savait que le fil qui sépare l'humour de l'impertinence était très ténu, mais encouragée par la proximité qui s'était installée de facto entre le précepteur et elle-même, elle crut bon de poursuivre avec un sourire faussement contrit :

- Je vous présente mes excuses Maître Samuel … Ma phrase n'est effectivement pas correcte, il manquait notamment un verbe, comme vous nous l'avez appris. Permettez-moi de reformuler : Je veux un câlin.

Herbeline avait imperceptiblement appuyé sur le « veux ». Maître Samuel fronça les sourcils. Herbeline baissa les yeux et un signal d’alarme résonna dans sa tête. Mais c’était trop tard.  Elle murmura :

- Pfffff … non, je ne veux pas … J'exige un câlin !

Elle avait soudainement haussé le ton sur la fin de sa tirade, sans s'en rendre compte. Maître Samuel, interloqué, la regarda :

- Herbeline ! Tu ne me parles pas comme cela !

Le tutoiement était rare chez Maître Samuel. Il annonçait en général des ennuis imminents. Herbeline venait de se rendre compte de sa gaffe. Elle avait été trop loin. Pourtant elle savait bien que Maître Samuel attachait une grande importance au fait que les petites princesses lui parlent bien. Il aimait à répéter, avec ironie : « Si vous ne châtiez pas votre langage, c'est votre postérieur qui sera châtié ». Pourtant, Herbeline et ses consœurs avaient été depuis longtemps habituées à recevoir une bonne claque sur leurs fesses, voire leurs cuisses lorsqu'elles se laissaient aller à un écart de langage entre elles. Et elles évitaient soigneusement de s'aventurer sur ce terrain-là avec Maître Samuel.

- Herbeline. Je suis ton précepteur. Et dans précepteur il y a presque toutes les lettres du mot respect. Je vais t'aider à t'en souvenir immédiatement.

Ce faisant, Maître Samuel souleva les draps et Herbeline se recroquevilla instantanément sur elle-même.

- Maître … je … non ! S'il vous plaît ! Ça m'a échappé ! Je ne voulais pas !

C'était trop tard. En un tournemain, Herbeline se retrouva allongée sur le ventre et elle sentit une cuisante douleur lorsque la main du précepteur claqua sur sa cuisse nue. Elle poussa un « Aïe » et chercha à se remettre sur le dos, commençant à s'agiter dans tous les sens. Bien mal lui en prit. Maître Samuel, énervé, se mit à genoux sur le lit, et d'un geste ferme vint plaquer Herbeline contre lui. A présent, couchée sur le côté, Herbeline, horrifiée, sentit qu'une main venait saisir l’élastique de sa petite culotte. Malgré ses protestations, elle sentit le doux glissement de l'étoffe sur ses fesses et ses cuisses. Un courant d'air caressa ses fesses nues et la fit frissonner. Elle cria ;

- Nooooon ! S'il vous plaît ! Pas la culotte !

Quelques minutes plus tard, Maître Samuel relâcha son étreinte. Les fesses rouges, le visage baigné de larmes, Herbeline regrettait amèrement sa conduite. Exiger un câlin et se moquer de Maître Samuel l'avait menée une fois de plus vers une punition exemplaire.

- Bien. Dormez maintenant ! Et nous verrons si vous arrivez à racheter demain votre conduite pour mériter un câlin. Vous aviez été prévenue pourtant … Et vous savez que quand je vous menace, ce n'est jamais en vain. D'ailleurs … demain matin, lorsque je viendrai vous réveiller … vous aurez à cœur j'espère de vous lever sans rechigner.

Maître Samuel sortit sans un mot, laissant Herbeline méditer sur ces dernières paroles, qui s'inscrivirent en lettre rouges dans son esprit. Peut-être est-ce elle-même qui rédigea ensuite cette jolie comptine, retrouvée insérée comme tant d'autres dans les marges du manuscrit :

Quand la menace est annoncée
Il faut bien se méfier
Car en effet
Princesse avertie
Est sévèrement punie
Lorsque les limites sont franchies.

Le lendemain matin, après une mauvaise nuit passée sur le ventre, Herbeline se réveilla en entendant cogner à sa porte.

- Herbeline ! Il est dix heures ! Et si vous n'êtes pas dans un quart d'heure au réfectoire, c'est moi-même qui viendrait vous lever !

Herbeline se redressa. Ses petites fesses étaient encore douloureuses. Elle enfouit sa tête dans l'oreiller. C'était trop dur. Elle caressa doucement les extrémités de ses courbes rougies et grimaça. Maître Samuel n'avait pas eu la main légère. Et la perspective du cours de littérature ancienne de la matinée consacré à l’Amphitryon de Plaute n'était pas pour l'enthousiasmer.

Un quart d'heure plus tard Herbeline était toujours au lit. Lorsque Maître Samuel entra et souleva les draps, Herbeline revécut en accéléré dans son esprit la même scène que la veille. Maître Samuel s'assit sur le lit, attira Herbeline et la coucha d'autorité sur ses genoux.

- Puisque vous n'avez pas compris …

Herbeline n'eut pas le temps de protester. Ses fesses encore meurtries de la punition de la veille subissaient de nouveau l'ire du précepteur. Au bout de seulement quatre claques elle était en pleurs. Maître Samuel poursuivit la fessée. Lorsqu'il eut fini, Herbeline ne bougeait plus. Elle avait subi courageusement sa punition, comme abandonnée, les avant-bras repliés sur le lit. Les claques sur les cuisses l'avaient fait sursauter. Le précepteur sentit sa détresse, et, contrairement à son habitude, ne l'envoya pas dans le coin de la chambre. Il releva la petite princesse et lui ouvrit ses bras. Elle s'y précipita en murmurant :

- Pardon … pardon …
- Oui … voilà … tu sais que je suis obligé de tenir mes promesses … pour ton bien …

Herbeline pensa que ses fesses étaient d'un autre avis, mais elle ne protesta pas. Enfin un câlin … Elle se serra plus fort contre Maître Samuel.

- Feras-tu des efforts à présent ma petite Herbeline ?

L'emploi du tutoiement trahissait à présent l'émotion du précepteur. Herbeline en fut remuée et murmura :

- Je vous le promets, Maître Samuel … je ferai … de mon mieux …

La journée de travail pouvait commencer.




12 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

Et bien pour une fois l'histoire est suffisamment longue -_-
J'ai beaucoup aimé cette histoire ... bon, j'aurais préféré qu'Herbeline n'en soit pas l' " héroïne " .

Chipinette L'Ange a dit…

tout vient à point qui sait attendre, dit-on!!!

et oui une fessée annoncée est une fessée qui tombe, on ne peut pas faire des promesses sans les tenir! après les précepteurs ne seraient pas pris au sérieux par toutes ces petites princesses!! Herbeline le savait mais elle a passé outre, tant pis pour ces fesses.

Pour les provocations qui sont l'alpanage des petites princesses, je ne les trouve pas si provocatrices que cela, juste stimuler les précepteurs pour qu'ils ne s'endorment pas trop sur la sagesse des chipies, ce serait dommage!!

Princesseenherbe a dit…

@Chipinette : Tu vois tu recommences à être du côté de Sam ! Arrête de jouer ta fayotte ... Herbeline est est pas si méchante que ça !
Pis d'abord c'est apanage et certainement pas alpanage !

Chipinette L'Ange a dit…

ah ah ah ah, c'est plus fort que moi, surtout que je viens d'avoir mon chenapan pendant 5 jours donc j'ai repris mon role de fesseuse!!

et pour l'apanage, mdr, mon doigt a dérapé!! mais tu l'avais très bien compris!!

et tu sais je n'ai pas besoin de faire la foyotte, de plus pas mon style, j'ai même horreur de celles qui le font!! il faut savoir assumer ses provocations, et j'assume sans souci!! mdr!!

Selene a dit…

@Princesseenherbe: tu parles! Tu es ravie que ton alter ego soit l'heroine! ^^

Très joli texte! Mais je ne m'attendais pas à un tel relachement de maitre samuel: alors comme ça il suffit d'être un peu fatiguée ou encore pire, lunatique, pour aller se reposer chez tante simone? (ou oncle Martin?) ttt ttt pas bien ça! ^^

Princesseenherbe a dit…

@Chipinette : Je ne parle pas aux fesseuses !!!

@Selene : Aurais-tu oublié qu'être l'héroïne d'une telle histoire est bien douloureux ? Mais bon en même temps je suis sûre que seule avec Maître Samuel pendant plusieurs jours, elle a dû recevoir aussi beaucoup de câlins :-)

@Sam : C'est quand que tu nous écris une autre histoire ? Tu ne vas pas nous faire attendre toute une semaine encore ... quand même :'(

Lou a dit…

Je suis pas fatiguée c'est même pas vrai!!!!!

Peuh! Ben je serai plus jamais sage si Louise elle a pas le droit à des câlins!

C'est pas juste...:(

Chipinette L'Ange a dit…

@ Princesseenherbe a dit : "je ne parle pas aux fesseuses" : je m'efface!!

Princesseenherbe a dit…

@Chpininette : " je ne parle pas aux fesseuses " veut dire que je ne dirais rien de plus ... implicitement ça signifie que je pense bien des choses de toi ( notamment que tu es très méchante ) mais que je ne suis pas idiote, que je sais que si je te parle mal, moi je vais me faire disputer parce que je suis une princesse et que toi, Sam ne te dira rien parce que tu n'en est pas une ... ce qui n'est pas juste d'ailleurs parce que c'est toi qui provoque les disputes et qui pousse les princesses à mal ce comporter ( des fois ) -_- !!!

Lou a dit…

@Princessenherbe: En même temps, même quand les princesses sont sages, elles n'obtiennent pas de récompenses alors à quoi bon? Autant faire tout ce qu'on veut maintenant! ^^

Sam a dit…

@Herbeline: Allons, allons ... je suis sûre que Chipinette joue elle aussi à la princesse parfois :-) ... et qu'elle est bien punie quand son comportement laisse à désirer.

@Selene: Oh, je suis sûr que Maître Samuel ne va pas laisser passer les comportements inadéquats de ses petites princesses ... mais je suis d'accord avec toi, il est sans doute trop patient et trop gentil :-D

@Lou: Faire ce que tu veux ? A tes risques et périls ! Enfin ... disons aux risques et périls de la petite Louise ;-)

belleduseigneur Sofia a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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