mardi 2 avril 2013

Le manuscrit de Lou - 5

Voici la 5ème partie du manuscrit de Lou, transmise grâce à la diligence de notre petite princesses éponyme. Une partie où l'on découvre les vertus de l'abandon ...

Des nuits dans le dortoirs

5ème partie


L'apprentissage de la solidarité - 2

Pas un mot n'avait été prononcé et les trois princesses se trouvaient alignées, les mains derrière le dos, le nez baissé. Leurs trois petits cœurs battaient la chamade. Si Sélène et Sophia demeuraient relativement calmes et semblaient attendre de savoir à quelle sauce elles seraient mangées, Louise s'agitait. Elle paraissait bouleversée, nerveuse, à fleur de peau. Maître Samuel l'observait et voyait comme elle triturait ses doigts derrière son dos, comme elle retenait ses larmes, comme elle luttait intérieurement entre l'envie d'exploser et celle de capituler. Elle était perdue, et cela toucha le précepteur. Il put sentir toute la tension qu'elle avait accumulé. La jalousie, la rancœur, l'agressivité, toutes ces émotions se bousculaient en elle, il fallait qu'elle exulte.

- Louise...

La voix de Maître Samuel avait été douce et fit se relever les trois visages angéliques. Louise vit la main du précepteur tendue vers elle et la saisit timidement.

- Je reviens, dit-il aux deux petites princesses en emmenant Louise avec lui.

Sélène et Sophia se regardèrent, perplexes.

Dans le couloir, Louise commença à pleurer. Tendue, rebelle, craintive, elle sentait son pouls s'accélérer, ses yeux s'embuer de larmes acides. Elle serra les dents. Elle ne voulait pas céder. Maître Samuel la fit entrer dans la bibliothèque et là, sans un mot, sans un reproche, il releva la jolie robe et en gestes précis fit glisser la petite culotte de Louise de ses hanches à ses chevilles. Elle eut à peine le temps de réagir que le précepteur avait approché une chaise et l'avait calé fermement sur ses genoux.

- Non, noooooon, je veux pas, je veux pas! se débattait-elle, véritablement en colère.

- C'est pourtant ce qu'il vous faut ma chère petite Louise...

La première claque s'abattit sur les petites fesses bien rondes et Lou se raidit. Elle ne voulait pas crier. Intérieurement, elle affolait. Elle sentait que faiblir pourrait la libérer mais encore trop fière, elle se refusait à le faire. Elle se persuada alors d'être un corps fait de bois et se répéta inlassablement que la douleur n'était rien. Ce fut sans compter la fessée particulière que Maître Samuel avait décidé de lui administrer.

Les claques se succédèrent peu à peu, de plus en plus vite et avec une force qu'il ne mettait pas d'ordinaire. La douleur était vive, trop vive, à couper le souffle par la fréquence des claques. Louise pouvait la ressentir sur ses fesses, sur ses cuisses, dans le bas du dos, dans sa chair et dans ses os. Il lui fut bientôt impossible de retenir ses cris.

Dans la chambre des princesses, Sélène et Sophia avaient plaqué leurs mains contre leurs bouches, les yeux agrandis d'effroi. Jamais elles n'avaient entendu leur jeune amie crier autant, pas même avec le martinet.

Puis tout à coup, ce fut le silence.

Un silence effrayant qui fut interrompu par le bruit sec d'une nouvelle claque. Et là, pour la première fois, elles entendirent la voix de l'abandon. L'abandon le plus total.

Louise venait de capituler. Résigner à subir, elle avait bien senti qu'elle ne serait pas de taille à lutter et, épuisée, fragilisée, son corps finit par se détendre, sa tête à ne plus tenter de se relever, ses jambes à cesser de battre...Maître Samuel continua la fessée. Sévèrement. Imperturbable. Sa main commençait à chauffer, à picoter mais il ne faiblit pas. Il avait délibérément voulu en arriver là.

Maintenant, Louise avait perdu toute défense et toute pudeur. Elle pleurait désormais comme un bébé, à gros sanglots, sans chercher à se retenir, sans lutter. Finalement, en dépit de la douleur que lui procuraient la main du maître, malgré les pleurs qui lui brûlaient les yeux et la gorge, malgré une chape de tristesse et de chagrin qui s'abattait tout à coup sur ses frêles épaules, la petite princesse se sentit apaisée.

Enfin, les claques cessèrent.

Sélène et Sophia décollèrent lentement leurs mains de leurs bouches. Elles avaient blêmi. Alors que Sélène allait ouvrir les lèvres, Maître Samuel entra. Il tenait par la main une Louise épuisée, reniflant encore, le visage trempé de larmes, la poitrine se soulevant convulsivement.

La petite n'eut pas un regard pour ses camarades, elle avait quelque chose de perdu et démuni qui les toucha.

- Votre heure de coucher est passée depuis trop longtemps maintenant, au lit, fit le ton froid de Maître Samuel. Quant à vous mesdemoiselles, je réglerai mes comptes demain.

Sélène et Sophia ne se firent pas prier pour se coucher, la boule au ventre.

Le silence se fit dans la chambre. Seuls se faisaient entendre les doux murmures de Maître Samuel qui demeura un long moment auprès de Louise, inconsolable.

Finalement, ses mots apaisants et ses tendres caresses l'endormirent et il quitta la chambre.

Sa réaction avait été la bonne, il en était satisfait. La petite Lou avait eu grandement besoin de lâcher prise enfin.

Mais dans quelques heures, les bonnes manières devraient s'apprendre pour les autres petites impertinentes et il entendait bien rendre les choses plus claires pour tout le monde...

17 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

Oh pauvre Lou ... je sais bien qu'elle n'a pas été sage mais quand même ... elle va avoir mal pendant plusieurs jours avec cette fessée ! Au moins elle a pu aller au lit en étant pardonnée. Je n'imagine même pas comment doivent se sentir Sélène et Sophia ... devoir aller au lit en sachant que Maître Sam est fâché contre elles, qu'elles vont recevoir une fessée le lendemain ... non non c'est trop horrible ! A leur place je ne pourrais pas dormir, ça c'est sûr.

Sofia Aloa a dit…

Oui, pauvre Lou je ne sais pas si elle en avait besoin car je ne suis pas précepteur et les deux autres vont souffrir demain, elles ne pourront peut-être pas dormir !

Sofia Aloa a dit…

C'est Maître Sam qui devrait être puni
Car il n'a rien vu de la détresse et du besoin de tendresse des petites
princesses
Mais rien n'est parfais en ce monde c'est pourquoi ce sont les
princesses qui vont être sévèrement punies
Louise a été la première à subir le courroux et l'inquiétude de Maître Sam qui l'a fessé comme jamais
Puis la consoler et les deux autres sont restée coites en entendant les cris de leur amie
Maintenant c'est pour leur sort à venir qui les inquiète car Maître Sam attendant le lendemain pour les punir et qu'elles aient peur et ne soient pas consolés ;-p

Chipinette L'Ange a dit…

Merci pour Lou pour ce superbe récit, tu as merveilleusement bien décrit l'état dasn lequel était notre petite Louise, on pouvait presque ressentir toute son angoisse.

Maitre Samuel a eu raison de lui donner une bonne fessée, elle en avait grand besoin pour qu'elle puisse lacher prise effectivement et qu'elle puisse enfin dormir. Elle avait besoin de se sentir pardonner et ensuite de passer une bonne nuit pour retrouver toute son espièglerie pour les jours à venir.
Merci Lou!!

Quant aux deux autres, je ne voudrais pas être à leur place, de savoir ce qui les attend le lendemain, cela va mettre des envolées de papillons dans leur ventre. et difficile de trouver le sommeil ensuite. Je suis sure qu'elles ressentent déjà les picottements sur leurs fesses avant même d'avoir été fessées!! surtout qu'elles sont entendues la fessée donnée à Louise, entendre mais ne pas voir, c'est terrible!!

on attend la suite maintenant!! ;-)

Sofia Aloa a dit…

C'est vrai c'est très bien écris Lou et on se croirait vraiment dan la peau des petites princesses et tant de tension avant que la pauvre Louise soit punie mais délivrée, vraiment c'est palpable et les deux autres qui devront attendre demain pour se voir corrigés puis enfin libérés de tout cela, bravo et merci beaucoup! Je ne regrette pas d'être restée ;-)
Et merci aussi à vous Sam de mettre le manuscrit sur votre blog ;-p

Lou a dit…

@Sophia, Chipinette: Merci pour ces beaux compliments qui me touchent beaucoup, je suis enchantée que cela vous plaise :)

Sam, même s'il est très strict, est aussi un amour d'écrivain qui accepte de faire une petite place à ma plume tout contre la sienne et je l'en remercie...

Louise avait besoin de cette fessée exemplaire, elle était si perdue...il fallait qu'elle abandonne pour se libérer...C'est ça aussi qui rend, à mon avis, les princesses si attachantes...Elles savent perdre lorsqu'elles en ressentent le besoin...et le câlin après n'en est que meilleur car au fond, des câlins, c'est tout ce qu'elles veulent...

Sofia Aloa a dit…

@ Lou je suis tout à fait d'accord avec vous, cela arrive à tous le monde d'être perdu, moi aussi parfois et c'est une correction salvatrice qui délivre enfin toute les tensions accumulées et qui nous libère pour être enfin consoler et cajoler ;-)

Sofia Aloa a dit…

@Sam la suite s'il vous plaît ! Nous attendons sagement ;-)

Chipinette L'Ange a dit…

oui nous attendons la suite mais sagement?? là c'est une autre histoire!! ;-)

Chipinette L'Ange a dit…

après une relecture, j'aime bien relire tranquillement une 2ème fois les récits, on voit des détails que l'on ne lit pas en première lecture, trop rapide car curieuse de connaitre l'histoire par elle même!!
et là je salue le professionnalisme de Maitre Samuel qui a su ce qu'il fallait à cette petite Louise, il a su comment gérer sa crise, son angoisse, et lui permettre ensuite de passer surement une bonne nuit!!

bravo Maitre Samuel!!

Princesseenherbe a dit…

@Sam : C'est quand que tu mets la suite de ton histoire ? Et la suite du manuscrit de Lou ? C'est quand que tu t'occupes un peu de nous ? Pff j'en ai marre de rester sage ... ça n'apporte rien ... on n'a même pas d'histoires en plus ... même pas une avant d'aller au dodo !

Sofia Aloa a dit…

Et oui les princesses encore un dodo sans histoire ou câlins avant c'est plus ce que c'était ;-D

Lou a dit…

Il nous aime plus!!! :'(

Sam a dit…

@Les petites princesses: Ne soyez pas désespérées, je vous aime toujours bien sûr, mais là durant quelques jours - voire quelques semaines - je vais être très - c'est un euphémisme - occupé au boulot ... donc moins disponible pour les traductions ... mais n'en profitez pas pour faire n'importe quoi, j'ai un petit carnet où je noterai vos écarts, que je remettrai ensuite à Maître Samuel ... et comme certains comptes restent à régler ... n'en rajoutez-pas ;-)

@Lou: Grâce à toi les petites princesses ont pu patienter un peu :-), merci.

@Chipinette qui a dit : et là je salue le professionnalisme de Maitre Samuel qui a su ce qu'il fallait à cette petite Louise Je suis sûr que la petite Louise approuve ... a posteriori, si j'ose dire :-D

Princesseenherbe a dit…

@Sam : "quelques semaines" c'est une blague ? En tout cas compte pas sur moi pour être sage des semaines entières si j'ai pas d'histoire ... faut pas déconner non plus ! pfffffff

Sofia Aloa a dit…

@Tous. Est ce vrai que nous devrions attendre plusieurs semaine avant de connaître le sort des deux petites princesses, qui ne savent toujours pas quelle sera leurs punitions. Il devrait il y avoir une loi contre cela, annoncer une grosse punition pour le lendemain et ensuite qu'elles doivent attendre plusieurs semaines donc à vos marques ou " remarques", prêt, partez ( partons) ;-D

Princesseenherbe a dit…

@Sam : Bon ... en relisant mon commentaire un peu plus haut, je me rends compte que j'ai utilisé ( malencontreusement ) un vocabulaire qui n'était pas du tout approprié ... pardon.
Mais c'est vrai que ça commence déjà à faire long ... regarde toutes les princesses te boudent ! Pas un seul commentaire depuis hier matin !
S'il te plait ... tu peux écrire une histoire ?

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