dimanche 24 mars 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VII



Instaurer un cadre

- 1ère partie -

Note du traducteur : Dans ce chapitre il est fait allusion à un lieu qui pourrait bien être le couvent du manuscrit de Lou, ce qui donnerait un argument de plus en faveur de son authenticité. Maître Samuel est beaucoup moins précis que le second manuscrit, mais selon moi trop de coïncidences troublantes subsistent : l'uniforme des petites princesses, la présence d'un cloître, les mêmes protagonistes ... mais je vous laisse seuls juges ...


 Afin de procéder de manière efficace à l'éducation des jeunes princesses, tu devras, cher lecteur, même si c'est une évidence pour toi, instaurer un cadre qui permettra leur épanouissement. Ce cadre est posé par les règles que tu définiras et que tu prendras soin de communiquer. Mais il peut être utile, suivant l'ampleur de la tâche qui te sera confiée, de disposer d'un cadre réel qui aidera les petites princesses à progresser. Ainsi, j'ai été amené un certain été, à exercer mes talents de pédagogue dans un lieu dont on m'avait laissé la libre disposition. Mais lis plutôt cette histoire ... et tu découvriras comment un cadre psychologique et physique peuvent se marier harmonieusement, encore une fois, pour le bien des petites princesses que nous chérissons.


Les quatre petites princesses portaient toutes leurs uniformes. Le premier jour de leur arrivée, elles avaient été déçues de se retrouver vêtues d'un même appareil, elles qui aimaient à rivaliser d'originalité dans leurs toilettes. Mais elles s'étaient habituées peu à peu, trouvant même un certain charme à porter ces jolies robes courtes qui laissaient leurs mollets et leurs genoux au vent et  deviner la courbe naissante de leurs jolies cuisses. Elles avaient ressenti parfois un léger trouble, devant la ressemblance que cela leur conférait, notamment lorsque par malheur la main de Maître Samuel claquait sèchement sur leur peau nue suite à une effronterie de leur part. Elles regrettaient dans ce dernier cas leurs habits richement brodés, et s'imaginaient avec un peu de rouge aux joues être à la place de la malheureuse victime qui ne pouvait, au mieux, se retenir de grimacer, et laissait parfois s'échapper quelques larmes de ses yeux lorsque quelques claques avaient déjà retenties auparavant dans la journée.

La première semaine les petites princesses s'acclimatèrent du mieux qu'elles purent. Elles redoublèrent d'efforts pour retenir les règles édictées. Parfois, dans le cloître, on pouvait croiser Sélène, Herbeline, Sofia et Louise revenir en pleurant, les mains frottant doucement leurs fesses, mais Maître Samuel n'avait pas eu encore besoin de décrocher le martinet qui trônait maintenant à l'entrée de la salle de l'écho. Cette salle, dont le nom intrigua de prime abord les petites princesses, sans que l'on réponde à leurs interrogations, se situait sur le bord du cloître, et leur servait de salle de détente. C'était une immense salle, dont un coin recelait une petite table de bois que Maître Samuel utilisait pour écrire et surveiller ses princesses. 

Ce jour là, les petites princesses avaient eu quartier libre. Après avoir reçu les recommandations de Maître Samuel, qui devait s'absenter pour la journée, elles avaient promis de se conduire de manière exemplaire. Les promesses des petites princesses n'engagent que ceux qui les croient, et bien vite les demoiselles en avaient profité. Herbeline avait bien tenté de les raisonner, en leur rappelant qu'elles devaient finir leur dissertation, mais cette tentative avait provoqué une dispute. Louise avait arraché des mains la copie d'Herbeline qui, pour une fois, avait pris de l'avance dans son travail, et l'avait jetée dans l'âtre. 

- Hop ! Aujourd'hui, nous devons danser et non pas travailler ! Tu nous embêtes Herbeline, tu es trop sérieuse !  
-  Louise ! Mes devoirs !
 - Pffff ... on s'en fiche !
- Mais ... Mtre Samuel me punira !
-  Oh ... il n'est pas là !

Elle avait surenchéri, en effectuant une révérence ironique devant Herbeline au bord des larmes : 

- Et quand il sera là, c'est nous qui le punirons, pour ne pas nous avoir surveillées ! 

Sofia, enhardie par ces paroles, avait versé dans la plus grande impertinence, probablement pour briller devant ses petites camarades :

-   Et c'est moi-même qui lui donnerait la fessée, s'il le faut !

Sélène n'avait pas été en reste, ironisant sur l'absence de Maître Samuel, lui inventant mille excuses tout aussi ridicules les unes que les autres :

- De toute façon il n'avait qu'à être là ... il n'a aucune excuse ... à moins qu'il n'ait du aller réparer les gouttières de son château ?  Ou assister au jugement dernier ? Ou se rendre chez l'apothicaire soigner son mal de gorge ? A force de nous crier dessus ? Ou encore ... aller voir des amis ? Mais peut-être est-ce tout simplement qu'il est ... je n'ose pas le dire ... (elle pouffa) ... paresseux ?
  
Herbeline avait tant ri qu'elle se laissa finalement entraîner, et les oreilles de Maitre Samuel durent siffler à de nombreuses reprises tout au long de la journée.
 
Le soir venu, les petites princesses se trouvaient dans la salle de détente à jouer aux quilles lorsque Maître Samuel fit son apparition. Elles vinrent aussitôt à lui, toutes les quatre bien alignées. Comme elles étaient charmantes, pensa Maître Samuel, avec leurs petites robes blanches, leurs mains derrière le dos, bien droites. Il les interrogea sur leur journée. Elles jurèrent n'avoir jamais été aussi sages que depuis leur arrivée. Les leçons de Maître Samuel portaient leurs fruits. Le cadre austère du couvent leur convenait à merveille. Elles ne pensaient plus qu'à leurs études. Louise déclara même qu'elle avait aidé Herbeline à terminer rapidement sa dissertation, ce qui faillit faire éclater de rire les autres petites princesses. Elles se retinrent à temps, mais le léger sourire qui avait surgi sur le visage de Sélène n'avait pas été réfréné assez vite pour ne pas éveiller les soupçons de Maître Samuel. Celui-ci n'en avait rien laissé paraître. 

- Bien. Puisqu'il semble que vous avez été particulièrement sages, je vous donne la permission de vous détendre une heure de plus. Mais je veux que vous soyez calmes, alors causez tranquillement jusqu'à l'heure du souper.

Les petites princesses se retirèrent dans un coin de la salle de détente, alors que Maître Samuel s'installait à la table pour préparer les leçons du lendemain.  Intimidées malgré tout par le retour de Maître Samuel, elles se mirent à chuchoter. 

  

11 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

@Sam : Bon ... je suppose qu'il faut remettre à plus tard le règne des petites princesses -_-
Bon je ne te dirai pas que c'est encore très bien écrit et que j'ai beaucoup aimé ton histoire heeeeeu traduction ;-)... tu serais bien trop content !
Bon ... j'espère au moins que tu vas nous donner la suite cette semaine ... parce qu'une semaine entière c'est bien trop !

Selene a dit…

cria cuervos y te sacaran los ojos... Je te défendrais encore tiens!tsss

Sofia Aloa a dit…

@Sam merci, bon le règne des petites princesses attendra, mais j'aime beaucoup la suite avec les robes blanches un peu courte des petites princesses ;-)

Lou a dit…

Quel joli texte encore que celui-ci...La salle de l'écho...excellente idée même si j'ai un peu peur...elle est, je crois, mentionnée dans le manuscrit mais je ne sais pas à quoi elle sert...

Pourquoi ai-je la sensation que tu seras de plus en plus sévère? ...je...je crois que je regrette mon attitude...c'est mal d'avoir donné de mauvaises idées à mes camarades...je te demande pardon...

Sam a dit…

@Princesseenherbe: Bon, puisque tu ne me dis pas que tu as aimé, je ne te dis pas que je suis content ;-)

@Selene: Toi, tu élèves des corbeaux et moi, j'éduque plutôt des petites princesses ;-) Tu ne serais pas un peu susceptible par hasard ? 0:-)

@Sofia: Oui, moi aussi j'aime bien ce qui est court :-)

@Lou: Oui ... mais tu devras assumer ... pour ton bien ... je crois que la petite Louise a encore des choses à apprendre de Maître Samuel ... et bientôt la salle de l'écho révèlera ses premiers secrets ...

Lou a dit…

Mais Sam j'ai dis que j'étais désolée!!!

Selene a dit…

@sam: moi? pfff absolument pas! Quelle idée!

Sam a dit…

@Lou: Oui ... mais ce serait trop facile ... et tu le sais ...

@Selene: Ouf ! J'ai eu peur ! ;-)

Sofia Aloa a dit…

@Sam vous abusez de vos droits et de vos forces avec Maître Samuel, nous avons été bien sages comme vous l'avez noté et pourtant même si nous n 'avons pas reçu encore le martinet vous avez donné apparemment de magistrales fessées aux jeunes princesse et plein de claques sur les cuisses c'est très mal ;-)

Chipinette L'Ange a dit…

je ne dirai qu'une chose : la suite stp!!! et comme je suis polie, je dis même "merci"!!

j'espère qu'il va y avoir de la rebellion de la part des petites princesses!!!

Selene a dit…

Elles devraient, d'autant plus qu'à l'époque les précepteurs étaient des vieux croutons! Un petit croche en jambe et bang! Un précepteur dans les escaliers et sans aucun moyen de communication... c'est trop ballot!

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