lundi 18 mars 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre V



De l'utilisation du martinet

- 3ème partie -

Un silence de mort avait envahi la pièce. Les petites princesses étaient suspendues aux lèvres de Sophia.

-          C’est … c’est … Lou … Louise …

Louise pâlit. Non ! Ce n’était pas possible ! Pas elle ! Elles étaient au moins trois ou quatre, elle en était sûre, à avoir copié. Elle sentit un grand frisson traverser son corps. Des images se succédaient à toute vitesse dans son esprit, qu’elle n’arrivait pas à retenir. Le martinet dans l’armoire. Sophia dont elle venait de voir rougir les fesses. Le jour de l’examen, debout, en train de copier fébrilement quelques formules. La main de Maître Sam s’abattant sur la cuisse de Sophia, lorsqu’elle avait gémi un peu plus fort. De nouveau le jour de l’examen, lorsqu’elle avait cru échapper au regard inquisiteur de Maître Sam, et qu’elle s’était faite toute petite dans un coin de la pièce, derrière l’armoire. La main de Maître Sam. Le martinet. Sa robe relevée. Le martinet. Mais déjà Maître Sam l’interpellait.

-          Louise. Dépêchez-vous. Nous avons assez perdu de temps. Sophia, allez rejoindre Herbeline.

Louise se leva comme un automate, presque hébétée. Comme dans un mauvais rêve elle entendit la voix de Maître Sam lui ordonner :

-          Louise. Allez-donc ouvrir l’armoire et ramener le martinet. Celui avec un manche de buis … et des longues lanières …

Louise se demanda si elle n’allait pas s’évanouir. Elle se tenait à présent devant l’armoire ouverte, sans savoir comment ses pas avaient pu l’emmener jusque-là. Le martinet désigné par Maître Sam était devant ses yeux. Elle sentait que toutes les paires d’yeux étaient dirigées vers elle, et qu’elle-même en aurait fait autant si ... mais non ... c'était bien elle qui se trouvait là, au centre de toutes les attentions. Bravement, elle se saisit du manche lisse de buis dont la couleur tirait vers l'ivoire. Malgré son appréhension elle trouva presque du plaisir à serrer le manche dans ses doigts. Le martinet était à présent dans sa main. Les lanières noires l’impressionnèrent. De nouveau des images. Les lanières de cuir sur sa chair tendre. Ses fesses rouges. Les autres petites princesses qui la regardent. Elle ferma les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna et vit Maître Sam la fixer. Instinctivement elle entrouvrit la bouche et la referma aussitôt, baissant la tête dans le même mouvement. C'était une moue charmante qui exprimait tout à la fois l'innocence, la soumission, la peur, semblant demander : "Maître, je suis déjà bien punie ... regardez-moi ... ne croyez-vous pas qu'un geste d'indulgence serait un beau geste ?". Elle ouvrit de nouveau la bouche pour s'apprêter à formuler une supplique, mais n'en eut pas le temps. Maître Sam l'avait devancée :

        -   Louise ... je connais trop bien vos manières ... si vous comptez échapper à votre sort en faisant appel à votre théorie des petites princesses qui, si on leur pardonne avant leur châtiment, n'en seront que plus reconnaissantes ; ou que la peur de la punition est tout aussi salutaire que la punition elle-même, vous vous trompez.

Louise blêmit à l'écoute de cette tirade et eut un mouvement de recul comme si elle avait reçu une gifle.  Sans réfléchir, elle lança violemment le martinet par terre qui cogna le parquet de bois.

Plusieurs petites princesses poussèrent une exclamation étouffée. Avec la punition de Sophia, elles venaient d’assister à la manière dont Maître Sam réagissait à l’insolence. Allait-il demander à Louise de ramasser immédiatement l’instrument ? Ou, énervé, le ramasser lui-même et lui promettre en échange une correction exemplaire ? La réponse à leurs interrogations ne se fit pas attendre. Délaissant l’instrument dont les lanières de cuir formaient un entrelacs menaçant sur le plancher, Maître Sam, sans un mot, enserra de son bras gauche Louise par la taille, releva sa robe blanche, et commença à administrer des claques régulières sur chacune des deux jolies rotondités découvertes.

Le bruit des claques emplissait l’espace. Un instant Louise songea qu’elles devaient résonner dans le couloir, et cette pensée lui fit serrer les dents pour ne pas qu’on l’entende crier. Mais Maître Sam avait décidé semble-t’il de n’épargner aucune portion de ses douces et tendres fesses, et chaque fois qu’un nouvelle claque résonnait elle ne pouvait retenir un gémissement, particulièrement lorsque une claque s'égarait sur sa cuisse. Enfin cela cessa.

-          Louise … Je crois que vous avez fait tomber quelque chose … Etes-vous prête à le ramasser maintenant ? Ou faut-il que je continue ?

-          Je … non … s’il vous plait … je … j’y vais …

Maître Sam desserra son étreinte. Louise se releva en silence, ravala sa salive et se baissa pour se saisir de l’instrument abandonné. Malgré son angoisse, elle se laissa faire lorsque Maître Sam l’accompagna à la table et lui fit prendre la même position qu’Herbeline une dizaine de minutes auparavant.

Le martinet s’abattit. A présent les cuisses et les fesses déjà rouges de Louise étaient décorées de striures laissées par les lanières cinglantes de cuir. A chaque coup, Louise levait alternativement une jambe, puis l’autre, se débattant en vain, fermement maintenue par la main gauche de Maître Sam tenant ses deux poignets au creux de ses reins.

Louise criait, gémissait, mais le martinet continuait sa danse. Elle comprenait de tout son être qu’elle avait joué. Perdu. Et qu’elle en subissait les conséquences. D’une manière contradictoire, elle n’en voulait pas à Maître Sam. Malgré sa crainte, sans vraiment se l’avouer à elle-même, elle avait secrètement aspiré à ce que Sophia lise son nom sur la copie. Peut-être un fond de culpabilité. Un désir que justice soit faite. Un besoin de se sentir rassurée par certaines limites. Mais à présent, sous le feu des lanières, elle n’aspirait plus qu’à une chose, se retrouver dans son grand lit et pleurer longtemps, sortant enfin toutes les tensions accumulées depuis des semaines, pour, enfin, enfin, être consolée, pardonnée, câlinée …

Enfin Maître Sam annonça les cinq derniers coups. Louise dut les compter, et en hérita d'un sixième pour avoir trop tardé à énumérer le quatrième. Elle dut ensuite rejoindre à genoux devant l'estrade Herbeline et Sophia, ses fesses rouges bien en évidence.

     -   Je crois qu'à présent nous pouvons continuer de distribuer les copies ...

La nuit était tout à fait tombée à présent, et Maître Sam ordonnât que l'on allume des chandelles. Les ombres des trois princesses punies se projetaient sur le mur, comme des silhouettes fantastiques. Louise sanglotait encore lorsque Maître Sam saisit la pile de feuillets abandonnée sur la table. Les petites princesses retinrent leur souffle.


Ainsi, cher lecteur, retiens bien la morale de cette histoire, sous forme d’un des proverbes dont tu sais que j’aime à parsemer cet ouvrage :


Avec les petites princesses
Lorsqu’il le faudra
Sévère tu seras
Et sur leurs petites fesses
Les lanières du martinet
Seront bien appliquées.

Quant à ce qu’il advînt des petites princesses par la suite et la manière dont Maître Sam les consola, je te prie de te reporter, cher lecteur, au chapitre concernant les désirs secrets des petites princesses. Mais sache que tu devras te montrer digne de voir ces secrets révélés, et que pour cela tu devras déchiffrer le texte codé à l’aide d’une table de transcription de mon invention. Les désirs secrets des petites princesses ne doivent pas tomber entre toutes les mains.

12 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

" C’est … c’est … Lou … Louise … " ou l'art d'être explicite :-)
Dis donc Sam tu t'améliores, trois histoires en moins d'une semaine :-P Au moins cela rattrape ton retard O:-) ... à quand la prochaine histoire (la plus importante )? Moi je la veux dès ce soir ... parce que déjà que le supplice d' Herbeline dure depuis jeudi dernier ... -_- Moi je l'aime bien cette Herbeline ;-) alors ne la fait pas trop attendre s'il te plaît c'est monstrueux de ta part !

Sofia Aloa a dit…

@ Sam, je vous prie de laisser princesse Herbeline se relèvé et sinon c'est bien écrit par contre aucune princesse Sophia ou d'aucune sorte de dénoncerais une camarade et même si la correction était sévère, elle n'aurait jamais rien dit! Merci ;-)

@Lou désolée mais la description de la punition était agréable mais une princesse Sophia n'aurait jamais dénoncé une camarade, elle aurait préfèré subir la punition
elle-même j'en suis sûre !

Lou a dit…

@Sofia: ...je ne t'en veux pas douce Sofia...je sais comme tu as du lutter pour prononcer le nom de Louise sur la copie...

@Sam: ...je...j'ai vraiment souffert avec la petite princesse Lou...le temps du repentir est venu...

Sam a dit…

@Princesseenherbe & Sofia : Je vous rappelle que je ne fais que traduire un traité ... je n'ai aucune influence sur le déroulement de cs tristes événements ;-)

@Lou: Oui ... la petite Louise a souffert ... mais je crois qu'elle a besoin que l'on soit sévère avec elle ... pour qu'elle puisse progresser ...

Sofia Aloa a dit…

@ Sam, c'est ce qu'on dit, oui! Mais cela vous arrange, non?

Amandine a dit…

Décidément Sam, tu as le chic pour écrire tout ce qui me faisait rêver quand j'étais enfant...ou un peu plus grande, en me reprojetant dans l'enfance. Merci pour ces petits instants de bonheur nostalgique! :)

Sam a dit…

@Sofia: Moi ? 0:-)
@Amandine: Merci :-)

Chipinette L'Ange a dit…

et bien, un peu d'absence et je découvre la suite et la fin de la traduction du livre si intéressant!!

un grand merci à toi Sam pour ce récit, qui m'a tenu en haleine du début à la fin, j'ai tout aimé, aussi bien les détails des paysages jusqu'au crépitement du feu dans la cheminée jusqu'aux aventures des petites princesses.

Et cette punition collective à la fin, j'imagine bien toutes ces petites princesses alignées sur l'estrade à genoux les fesses bien rouges, les mains dans le dos et la tête baissée de honte.

un superbe récit!! continue de nous faire rêver!!

j'attaque le manuscrit de Lou dans la soirée mais j'ai hate!!

Sofia Aloa a dit…

@Chipinette L'Ange, je suis tout a fait d'accord avec vous c'est de écris de mieux en mieux et vraiment merci à lui pour tout mais il sait aussi nous tenir en en haleine ;- )
Moi, j'attends la suite et celle du manuscrit de Lou! ;-p

Lou a dit…

@Sofia: Il faut savoir que notre cher Sam possède déjà la suite du manuscrit que je lui ai envoyé...mais là encore, il le fait partager au compte-goutte...et j'ai pas le droit de vous raconter...je risque une trop grosse fessée...

Sam a dit…

@Chipinette, Sofia, Lou: Pour vous faire patienter, je vais publier la suite du manuscrit de Lou ... mais j'ai un commentaire à faire sur un autre post ... à destination de certaines autres princesses ...

Sofia Aloa a dit…

@Lou je comprends ta crainte mais moi j 'en aurais mis un peu quand même pour que nous puissions patientez un peu plus tranquillement ;-p

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