jeudi 14 mars 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre V



De l'utilisation du martinet

- 1ère partie -

Cher lecteur ... et apprenti précepteur ... tu apprendras ici qu'il est important de réagir de manière mesurée ... mais sévère s'il le faut ... et pour cela employer à bon escient des instruments appropriés ... susceptibles de marquer l'esprit des petites princesses ... Mais lis plutôt ce qui suit ...

Les petites princesses se taisaient. Le crépitement du bois sec qui brûlait dans la cheminée n’en était que plus fort. Parfois quelques étincelles venaient mourir contre le lourd pare-feu de cuivre disposé devant l’âtre. La fin de l’après-midi approchait, et par la fenêtre de la salle de classe on pouvait apercevoir un ciel gris et sombre enveloppant le paysage alentour d’un long drapé de nuages. L’obscurité naissante était presque angoissante, et si la mine de Maître Sam n’avait pas été aussi sévère, les princesses qui se tenaient assises et coites auraient pleinement profité de la douce chaleur et de la lumière dégagée par le foyer. Mais à cette heure-ci, elles savaient qu’une chaleur beaucoup plus cuisante risquait fort de s’abattre sur certaines d’entre elles. Maître Sam, pensif, une liasse de feuilles à la main, regardait les braises rougeoyantes du feu. Il s’arracha soudain à sa contemplation et s’adressa à l’assemblée.

-     Bien. Vous savez que la conduite de certaines d’entre vous est inacceptable. Vous savez à quoi je fais allusion, bien sûr …

Les petites princesses se regardèrent, la mine déconfite. Trois jours auparavant, profitant de l’absence de Maître Sam sorti quelques minutes de la salle, en leur disant explicitement « Je dois m’absenter une vingtaine de minutes. Je compte sur vous pour rester tranquilles  et à votre place», elles s’étaient laissées aller à s’échanger des informations lors de leur examen trimestriel d’arithmétique. Malheureusement, Maître Sam était revenu plus tôt que prévu et avait surpris un essaim de petites princesses bourdonnant autour des tables, s’échangeant leurs notes, ravies de l’aubaine qui leur était offerte. Lorsque la porte avait claquée, elles s’étaient brusquement figées.

Maître Sam leur avait alors intimé l’ordre de ne pas bouger, et avait relevé soigneusement sur son carnet de notes les noms des princesses fautives, particulièrement celles qui avaient dérogé à l’interdiction de se déplacer. Il avait ensuite relevé leurs copies, en leur promettant de les corriger soigneusement. Elles n’avaient pas su s’il parlait des copies ou d’elles-mêmes, mais aucune d’entre elles n’avait osé relever l’ambiguïté. 

-     Vous avez ici vos copies … que je vais vous distribuer … corrigées … et annotées … j’ai relevé ici et là, comme par hasard, les mêmes raisonnements, les mêmes résultats … j’ai corrélé ceci avec notamment celles d’entre vous qui avaient délibérément quitté leur place … et j’ai décidé pour cette fois-ci, non pas de vous attribuer comme à l’accoutumée une note, vous permettant de vous situer par rapport à vos camarades … mais une lettre, qui désignera la punition que vous allez recevoir …

Quelques soupirs de déception s’élevèrent. Herbeline s’exclama :

-     Mais, Maître ! Ce n’est pas juste ! Moi je n’ai pas triché !
-     Herbeline … je n’ai pas fini … mais puisque vous m’interrompez … levez-vous et venez donc ici … voyons … où est votre copie …

Herbeline, pâle, se leva et vint rejoindre Maître Sam.

-     Vous allez me donner l’occasion d’expliquer mes annotations … voyons votre copie … ah … un « F » … « F » comme … à votre avis ?
-     Mais … je … je n’ai rien fait !
-     Sauf que d’après mon carnet, vous aviez autour de vous Sophia et Selene …
-     Mais … c’est elles qui .. non … je ne sais pas en fait … elles … elles voulaient m’emprunter une plume …
-      Bien sûr … une autre explication un peu plus plausible peut-être ?
-    
-     Non ? Et bien … voici donc la signification du « F » …

Maître Sam s’approcha d’Herbeline et l’attira à lui. Se saisissant du bras de l’infortunée, il la traina vers le vieux banc de bois noirci par les années, s’assit et la bascula sur ses genoux. Retroussant sa robe, il mit au jour deux charmantes petites fesses auxquelles il commença à appliquer des claques retentissantes. Lorsqu’il lâcha Herbeline, celle-ci était en larmes. Il lui enjoignit d’aller au coin, à genoux, les mains croisées derrière le dos. Herbeline obéit en reniflant. Elle savait que Maître Sam viendrait le soir parler longuement avec elle et qu’elle serait pardonnée, mais pour l’heure ses fesses endolories étaient le principal sujet de ses préoccupations.

-     Voyons … reprenons donc les copies … à qui le tour ?

Maître Sam se saisit d’une feuille et fronça les sourcils.

-     Ah … ceci est plus embêtant … une jeune princesse qui ne s’est pas contentée de laisser ses camarades copier sur elles, comme Herbeline, mais qui s’est levée pour copier elle-même … montrant par là même que son assiduité aux révisions laissait à désirer … Vous avez compris ce que signifiait la lettre « F », n’est-ce pas ? Et lorsque cette lettre « F » se double d’une autre … qui se trouve être la lettre « M » … devinez-vous ?

Le regard du précepteur se dirigea vers l’armoire. Toutes les petites princesses frémirent. Elles savaient que celle-ci contenait une collection de martinets.

12 commentaires:

Princesseenherbe a dit…

Pauvre petite Herbeline, j'ai très mal pour elle. Elle qui est toujours si sage. Pourquoi Maître Samuel se fâche-t-il autant contre elle ? Quel mal y a-t-il à aider d'autres petites princesses ... à trouver une plume ? Et puis une fessée ET au coin en plus ... -_- Maître Samuel est vraiment trop sévère. Mais j'ose espérer que c'est l'époque qui veut cela.
Et puis pauvres Sophia et Selene ... qui ne cherchaient qu'une plume pour mettre sur papier toutes les connaissances qu'elles avaient si durement acquis lors de leurs longues soirées de révisions. Pour tous ces efforts, elles vont être punies si méchamment !

Bon sinon je trouve que l'histoire est bien écrite ... quand même. J'attends ( tout en craignant ) la suite ... j'espère qu'elle ne sera pas trop longue à venir. Tu penses que tu pourras la traduire ce week-end ? Je peux t'aider si tu veux, les langues étrangères je suis capable de les comprendre très vite.

lou a dit…

...Haan Sam cette suite est absolument parfaite! J'aime la description de l'ambiance au début...ayant moi-même fort l'habitude des salles de classes, je me suis très bien imaginée l'atmosphère...et puis j'ai commencé à angoisser avec les premières paroles de Maître Sam...peu à peu, au fil de ma lecture, mes joues sont devenues légèrement plus roses...j'ai baissé mon nez d'un air coupable...pourquoi? Ce n'est pas moi là...dans cette salle...je ne suis qu'une lectrice...oui mais...c'est si bien décrit que je me suis projetée...et maintenant...maintenant je suis avec ses princesses, là, debout, tête baissée...je sautille maladroitement et nerveusement d'une jambe à l'autre, j'ai les mains moites...la respiration altérée...
La suite Sam...s'il te plaît...je vais jamais dormir...

Princesseenherbe a dit…

@Lou : Tu as raison, c'est écrit de mieux en mieux. J'ai beaucoup aimé la description au début, et en particulier le passage sur le ciel. Mais j'ai pas beaucoup aimé à la fin ... parce que l'histoire n'est pas terminée ... j'aurais voulu que Sam traduise tout le chapitre d'un coup. Et puis au lieu de calmer mon impatience, cette histoire l'a juste accentué.

@Sam : JE VEUX LA SUITE VITE !!!!!

Sam a dit…

@Princesseenherbe, Lou: Merci de vos commentaires :-D. La 2ème partie arrive d'ici samedi ... la traduction est difficile ... un exemple d'un paragraphe de la 2ème partie:


Omnes versi, Sophia. Erat paulo filia reginae, servus, venientes ab distant Russia, venerunt ad discere linguam Gallicam admodum indoctis ad Curiam Tsar. Eius commilitones occurrit jam eius concitatus character, sed nequaquam possent imaginari audet provocare, et Magister Sam, qui frowned.

Sofia Aloa a dit…

@ Sam ! Merci beaucoup c'est vrai que c'est de mieux en mieux écris et j'attends la suite avec impatience. ;-p
@ Princesseenherbe merci pour ta solidarité c'est important
entre princesses! ;-)

Princesseenherbe a dit…

@Sam : Nous sommes au XXI ème siècle et notre ami google propose des outils simples pour traduire les textes automatiquement :-) Certes la traduction est à remanier mais cela te fera gagner du temps tout de même. Ainsi, au lieu de patienter jusqu'à Samedi, on pourrait lire la suite dès demain :-P

Lou a dit…

C'est tout? Pfff c'était bien la peine d'avoir peur...tsss...

Sofia Aloa a dit…

@Sam , j'espère que cette pauvre enfant n'est pas au coin, et les autres princesses attendent pétrifiées, n'est ce pas ?

Sam a dit…

@Princesseenherbe: Samedi. C'est comme les fessées, je tiens mes promesses ;-)

@Lou: Attends la 3ème partie ...

@Sofia: Non, ne t'inquiète pas, Herbeline n'est pas au coin. Elle est juste à genoux devant l'estrade, sa robe attachée à sa taille, les fesses à l'air, à donner l'exemple aux autres petites princesses 0:-)

Sofia Aloa a dit…

@Sam, pauvre enfant!

Princesseenherbe a dit…

@Sam : De toute façon, toi et Maître Samuel avait une chose en commun : Vous êtes des supers méchants !

Bon tu avais dis la suite aujourd'hui ... qu'est-ce que tu attends ?

Sofia Aloa a dit…

@Sam, la suite, la suite, la suite s'il vous plaît Maître Sam
;-)

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