lundi 7 janvier 2013

L'insolence de Marion - 1ère partie













C'était un samedi soir. La veille nous avions longuement roulés avant d'atteindre la location que nous avions trouvée pour le week-end. Une parenthèse comme nous aimions en faire, un break, une coupure d'avec la vie quotidienne. Se retrouver tous les deux. Tranquillement. Toute la journée nous avions respiré le grand air. Une séance de cinéma avait achevé l'après-midi, suivie d'un repas rapide pris dans une crêperie presque déserte, accompagné d'une bolée de cidre brut. De retour dans notre maison de week-end, j'avais photographié les gouttes de pluie qui glissaient sur la rambarde de la fenêtre de la cuisine. J'avais pensé aux tableaux de Mondrian en voyant les rectangles se découper dans mon viseur, mais un Mondrian gris, un peu triste, ponctué de quelques larmes. Puis nous avions écouté la sonate La tempête de Beethoven, tout à fait en phase avec la météo. Mais Marion avait commencé à se plaindre de détails qui n'étaient pas à son goût : nous n'avions pas la télé (quel intérêt pour un week-end ?), je n'avais pas pris LE thé qui lui convenait (mais j'en avais malgré tout emporté trois sortes), et le chauffage ne marchait pas dans la chambre (ce que je voyais plutôt comme une opportunité de passer la nuit enlacés sous la couette).

- Pffff ... je suis crevée ...

Fatigué moi aussi, je n'étais plus d'humeur à écouter ses jérémiades, d'autant plus que j'avais tout fait pour que nous puissions passer un week-end ressourçant. Ma patience était à bout.

- Ma petite Marion ... cela fait une heure que tu râles ... alors soit tu vas te coucher, soit c'est moi qui vais t'y emmener, mais avec une bonne fessée déculottée en prime.
- N'importe quoi !

Marion avait jeté cette expression d'un air de défi, mais au fond d'elle-même, son cœur avait légèrement accéléré.

- Ah bon ? Tu sembles sûre de toi ...

Elle fut légèrement déstabilisée par cette amorce de dialogue, comme si elle s'était attendue à ce que je me lève pour lui prendre la main et l'emmener sans attendre manu militari dans la chambre ... Malgré tout son insolence reprit le dessus.

- Ben évidemment ! De toute façon ... j'y pense ...
une fessée ... tu ne crains pas de te faire mal à la main, non ?


Marion ne m'avait pas habitué à une telle démonstration d'insolence. Je sentis que la fatigue nerveuse des dernières semaines consacrées à la révision de ses partiels avait été plus importante qu'à l'accoutumée. Malgré son expression de défi, quelques papillons voletèrent dans son ventre. Si elle était passée maître dans l'art de me pousser à bout, à chaque fois un mélange d'émotions puissantes l'envahissait. Le désir d'être fessée. Cadrée. Reprise en main. Et en même temps, la crainte de provoquer cette punition, le fait de se retrouver dans une position humiliante, les fesses à l'air, le bruit des claques, à la merci de mes mains. Mais le désir était plus fort que tout. Elle rajouta :

- En plus tu t'es couché tard, à ton âge, toi aussi tu dois être un peu fatigué !
- Ah bon ! Et bien ma petite Marion, tu vas avoir l'occasion de le vérifier tout de suite !



Je me levais brusquement et la saisis par la main, et , me dirigeant vers la chaise toute proche, je m'assis et entrepris de défaire le bouton de son jean. Elle interposa ses mains et tenta de se dégager.

- Arrête ! Je suis fatiguée, tu m'empêches d'aller me coucher !

Énervé, je la fis pivoter d'un quart de tour et trois ou quatre claques fusèrent.

- Aie ! Je t'ai dit d'arrêter !
- Certainement pas. Mais ne t'inquiète pas, tu vas aller au lit, ma petite Marion. Et je vais moi-même aller te border, mais après que tes fesses aient bien rougies. Mais comme tu n'as pas voulu y aller de bon cœur, je vais te donner un petit acompte. Et je te conseille de te tenir tranquille si tu ne veux pas que je sorte le martinet.

7 commentaires:

une petite fee a dit…

"- Arrête ! Je suis fatiguée, tu m'empêches d'aller me coucher !"

Aaaahhh...la mauvaise foi...de quoi il se plaint mon petit ami? suis pas la seule!rire!

Belle photo...sensible...on entends presque les gouttes tomber...

Beau recit...on le vit au fil des mots...en profondeur...

Continues...

Chipinette L'Ange a dit…

comme d'habitude, un grand bravo, j'aime beaucoup les détails qui sont donnés et on imagine très bien la scène, aussi bien des paysages, que les scènes avec Marion et Samuel. Et j'adore sa mauvaise foi de chipie!! elle est à la hauteur de son role!!

Merci Sam

une petite fée a dit…

J'aime énormément le coté isolement...solitude...des lieux de tes récits...et un isolement et une solitude volontairement choisis...pour plus d intimité...de proximité avec l'autre...j'aime ce p'tit coté arrière saison...la pluie qui tombe...la cote sauvage...la plage...Les vagues...les pt'tits restos au 3/4 vide...la cheminée qui crépite au retour...être avec l'autre...blottie...aimée...câlinée...recadrée...

J'ai la chance que mon p'tit ami soit complétement dans le même "trip"...on s'est programmé un long week end prochainement dans ce genre de "cadre"...

<3 him +++...

Faire confiance à la vie...rester ouvert...et un jour...sans que l'on s'y attende...la rencontre opère...pour des mois...des années...

Il n' a pas de hasard...

Il n' y a que des rendez vous...

Sam a dit…

@Chipinette & une petite fée : Ah la mauvaise foi ... heureusement il y a des fessées qui ne se perdent pas ! ;-)

@Une petite fée : Oui ... tu as bien senti l'ambiance que j’essaye de faire transparaître ... Se donner - et donner - un cadre, à tous points de vue ... pour aller à la rencontre de soi-même ...

Oui, il n'y a pas de hasard ... j'ai déjà lu ça quelque part ;-)

Bon week-end à toi et ton petit ami ... pour un joli rendez-vous ;-)

Sinon ne pas attendre ... tu as raison ... mais pour une chipie de mauvaise foi, c'est exceptionnel, hein ;-)

une petite fée a dit…

sourire...
;-)

Merci...

oui...on se fera cela vers Mars...pour nos un an...

Anonyme a dit…

Lou a dit...

Oui...provoquer. Le tester. Jusqu'au bout. Comme une petite fille, tortiller ses doigts nerveusement, chercher vite ce qu'on pourrait dire, mordre sa lèvre inférieure en faisant la moue puis balancer la provocation de trop. Exprès. Parce qu'au fond, c'est ce qu'on cherche. Repousser les limites mais surtout les atteindre. Se confronter à l'homme, à son homme, se soumettre à lui parce que lui, sait. Sans irrespect, il sait ce qui est bon pour nous, pour nous maintenir sur le bon chemin. Au fond, même si on éclate en sanglot, on sait bien qu'il a eu raison. Et puis c'est si bon de se sentir toute petite, là, après, tout contre lui...

Sam a dit…

@Lou : Très belle analyse ... et je partage le plaisir des tendres retrouvailles ... après ...

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