samedi 15 septembre 2012

La rentrée (1ère partie)













Marion avait raté ses examens. Elle ne s’y attendait pas et s’était posé des questions sur le déroulement de son année. Sur ce qu’elle comptait faire. Continuer sur la même voie, bifurquer, changer de cadre, déménager … En fin de compte, après de nombreuses tergiversations, elle avait décidé de travailler seule, sans le soutien d’un groupe, en s'inscrivant à une préparation de son examen par correspondance. Je lui avais fait part de mes doutes.

-    Bon … après tout, je te comprends … tu as probablement besoin de relâcher la pression … mais comment vas-tu rythmer ton travail ?
-    Tu sais, je dois remettre des devoirs … et pour cela travailler au moins 4h par jour …ne t’inquiète pas …
-    Tu vas arriver à te discipliner, toute seule ?
-    Oui …
-    D’ailleurs Marion … en parlant de discipline … tu sais que si tu n’y arrives pas …c’est moi qui te motiverai …

C’est la première fois que j’employai ce mot de « discipline » avec Marion, mais il résonna longuement en elle. Marion comprenait que si l’autodiscipline ne suffisait pas, c’est moi qui me chargerai de la faire respecter. Avec des moyens qu’elle connaissait bien. Je sentis son trouble et insistais :

-    D’ailleurs … tu sais ce qu’on appelait « discipline », autrefois ?
-    Les … les règles à respecter ?
-    Il y a un autre sens … recevoir la discipline, autrefois, c’était recevoir une sorte de fouet … et pour toi … ce sera le martinet … si tu ne respectes pas les règles …

Marion ne répondit pas. Elle savait que cet instrument était caché au fond d’un tiroir, et que je n’hésiterais pas à le sortir pour lui administrer quelques coups bien sentis si elle ne travaillait pas. Elle était prévenue.

Le lendemain, lorsque je rentrais le soir, je lui demandais :

-    Alors … bien travaillé aujourd’hui ?

Marion hésita. A mon regard interrogateur et mes sourcils qui venaient de se froncer, elle sentit qu’il était inutile d’essayer de me cacher la vérité. Elle se sentait mal de toute façon lorsqu’elle essayait de le faire, et préféra répondre directement, en se disant au fond d’elle-même que ce n’était pas très grave, et qu’après tout faute avouée était à moitié pardonnée.

Et d’ailleurs, était-ce vraiment une faute ? Certes, elle avait passé son après-midi sur Internet. au lieu de finir son devoir. Mais elle avait travaillé le matin. Et puis elle savait faire. C’était le début de l’année. Elle n’avait pas besoin d’en faire autant. Marion venait de me débiter tous ces arguments. Mais devant mon visage fermé, elle marqua une pause.

-    Marion … tu n’as pas vraiment compris ce que je t’ai dit hier ...
-    Sam …
-    Et je vais sévir immédiatement … puisque tu n’es pas sérieuse …

En voyant le regard affolé de Marion, je sentis que des papillons s’envolaient dans son ventre par milliers.

Je levais le bras.

-    Tu la vois cette main, ma petite Marion ? Regarde là bien, parce que dans quelques instants tu vas la sentir.

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