lundi 4 juin 2012

Révisions (6ème partie)

Nous n’avions pas fait cinq kilomètres que Marion poussa un cri qui me fit sursauter.
-         Meeeerrrde !
-         Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
-         Sam ! J’ai oublié ma chemise de cours ! Avec le programme de mes révisions !
En soi cela ne me parut pas bien grave. Nous n’avions fait que quelques kilomètres, et je préférais somme toute faire demi-tour maintenant qu’au bout de deux heures de route.
-         Bien. On va faire demi-tour alors. Heureusement que tu t’en aperçois maintenant. Tu m’avais dit quoi, au fait, hier soir, à propos de tes affaires ?
Cette taquinerie – allusion à notre conversation de la veille – ne fut pas du goût de Marion, qui, vexée, me répondit du tac-au-tac :
-         Oh ça va ! Si tu m’avais demandé si j’avais bien tout ce qu’il me fallait tout à l’heure, tu te serais rendu un peu plus utile !
Marion tombait souvent dans la mauvaise foi lorsqu’elle se sentait prise en faute, refusant d’admettre au fond d’elle-même qu’elle ferait mieux parfois de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Cette tirade ne me déstabilisa pas, et je continuais d’une humeur enjouée :
-         Ah ! Cela va être de ma faute, bientôt !
-         Oh ! Et puis merde ! Tu n’as qu’à continuer, et si je rate mes partiels, oui, tu y auras bien participé !
Marion commençait à s’enfoncer dans une discussion stérile.
-         Stop. Je crois que tu fais fausse route, ma petite Marion. Nous allons faire demi-tour, comme je viens de te le proposer. Ca, ce n’est pas grave. Mais par contre je ne tiens pas à subir ta mauvaise humeur tout le week-end. Alors dès que nous serons arrivés je ferai en sorte que tu t’adresses à moi sur un autre ton.
-         Mais ...
-         Il n’y a pas de mais. Tu viens de faire la preuve éclatante que tu te conduis comme une gamine mal élevée.
-         Sam ... je suis stressée ...
-         Ce n’est certainement pas une raison pour me parler comme cela. Il est bien temps je crois que nous définissions quelques règles de bienséance que tu devras respecter.
Je sentis Marion hésiter sur la conduite à tenir, elle ouvrit la bouche, hésita, mais aucun son ne sortit. Elle s’enfonça dans son siège, assaillie sans doute par des pensées contradictoires. Elle avait bien compris que le "nous" que j'avais employé n'était qu'une figure de style, et que la menace de fixer des règles claires, lorsqu'elle serait mise à exécution, lui retirerait quelques marges de négociation dont elle abusait parfois. Je fis demi-tour et lorsque je me garais dans sa rue, Marion sortit sans rien dire. Elle revint quelques minutes plus tard, une chemise jaune à la main. Le reste du trajet se déroula sans pratiquement aucune parole. Marion avait glissé dans l'autoradio un disque de Bach et potassait ses cours sur ce fond de musique classique qui l’aidait généralement à se concentrer.
Deux heures plus tard, la petite ferme que j’avais louée était en vue. L’adjectif « petite » n’était peut-être pas tout à fait approprié, la ferme en question s'étalant bien sur 150 m2. Presque au milieu de nulle part, sur un étage, la grande cheminée nous promettant de longues soirées au coin du feu, nous avions l’impression de plonger dans un autre monde. Je garais la voiture. Les bagages descendus et rangés, Marion s’échappa dans la chambre. Quand elle en redescendit, je compris que la température quasi-estivale l’avait poussée à se changer, troquant son short de flanelle et ses collants contre un short léger fait d’une sorte de tissu-éponge, laissant à l’air ses jolies jambes nues, et un tee-shirt marin. Elle tenta de s’installer à sa table de travail comme si rien ne s’était passé.
-         Marion. Viens-voir un peu s’il te plait.
Marion ne répondit pas mais lâcha son stylo-bille par terre. Manifestement elle était troublée.
-         Tu te souviens de ce que je t’ai dit, tout à l’heure.
-         Sam ... mais ... je travaille, là ...
-         Marion ... j’espère bien, car c’est ce que nous avons convenu. Mais ce n’est pas une raison pour que je ne tienne pas ma promesse.
Marion baissa la tête.
-         Et comme je ne veux pas te faire perdre de temps, je vais te punir tout de suite.
-         Sam !
-         De plus ta tenue me paraît tout à fait appropriée ...
Sur ces mots je m’approchais de la table, prit Marion par le bras, l’obligeait à se lever, et ma main partit d’un geste sec.
-         Aie !
La claque était tombée sur la fesse droite. Elle fut suivie par plusieurs autres qui balayèrent les jolies rotondités mises à ma portée. Le tissu-éponge n’amortissait pas grand-chose, et Marion essayait en vain d’échapper à ma prise. Lorsque je la relâchais, vexée, elle me jeta :
-         Pffff ... de toute façon ça ne sert à rien, j’ai rien senti !
Je répondis par l’ironie à cette pique destinée à lui procurer le dernier mot.
-         Pourtant j’ai cru que tu t’agitais un peu pour éviter ma main ... mais si tu veux je peux recommencer ...
-         C’est trop tard ! Tu te prétends autoritaire et ferme, mais en fait tu ne l’es pas !
-         Ah bon ! Et bien, ma petite Marion, je crois que tu confonds deux choses ... j’essaye de toujours être juste avec toi ... Mais comme tu sembles réclamer plus de fermeté et d’autorité, je vais m’en occuper tout de suite avec plaisir !

2 commentaires:

Sia a dit…

Oserais-je faire remarquer que pour une fois qu'elle bossait sans avoir mal aux fesses, ça aurait été sympa de la laisser travailler tranquille ??

Sam a dit…

@Sia : Ah ... mais justement, si Marion n'avait pas senti le cadre, elle aurait très vite dérapé ... C'est que je tiens à ce qu'elle ait ses examens, moi ! En fait je me dévoue pour elle :-)

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