samedi 19 novembre 2011

Le sultan et la princesse – 1ère partie – Capturées













Un jour d’hiver, alors que je me promenais parmi les étals de bouquinistes de cette foire de province, je tombais sur une vieille boîte en bois, presque noire, remplie de vieux papiers que je me mis à feuilleter distraitement. Une fine écriture manuscrite courait le long des feuillets abimés par le temps, et mon intérêt s’accrut quand je m’aperçus qu’il s’agissait d’un journal intime d’une dénommée Marguerite de F., jeune princesse de haute noblesse, relatant  le récit de sa capture et de sa captivité au sultanat d’A. La lecture était difficile, le style parfois confus, mais l’histoire étonnante. Alors j’ai pris la liberté d’en relater moi-même quelques passages, comme si j’avais moi-même recueilli directement les confessions de Marguerite qui me parvenaient deux ou trois siècles plus tard par cette incroyable coïncidence. C’est ce récit que je partage avec vous aujourd’hui.

Marguerite de F. était une belle et jeune princesse, possédant un tempérament décidé mais parfois rebelle. Elle était accompagnée de sa dame de compagnie, Blanche, du même âge qu’elle, avec qui elle entretenait des liens d’amitié et de tendresse, mêlés d’une propension à la tenir malgré tout sous sa coupe, comme en témoignent certains passages du journal. En ces temps là il convenait de tenir son rang, et Marguerite, malgré son amour pour Blanche, lui faisait comprendre qu’elle restait la maîtresse en toutes circonstances. Blanche avait accepté cette situation, même si Marguerite se montrait parfois vive et injuste envers elle. Blanche avait conservé de cuisants souvenirs de leur enfance, lorsque Marguerite profitait de sa position pour qu’elle soit punie à sa place. Cependant, elles se réconciliaient bien vite, et Blanche n’avait jamais tenu rigueur à sa maîtresse de son attitude.

Les circonstances qui déclenchèrent ce fameux voyage qui mena à leur capture restent obscures, et Marguerite reste très vague là-dessus. Mais d’une part certains feuillets se sont peut-être perdus, et d’autre part cela importe peu en fin de compte pour notre récit. Le peu d'informations qui nous soient parvenues nous apprend que le navire qui transportait Marguerite et Blanche, alors qu’il cabotait le long des côtes, fut attaqué par les hommes du sultan. Marguerite et Blanche, réfugiées dans leur cabine, mourant de peur, furent faites prisonnières.

Marguerite parle d’une image qui lui est restée, celle de la sensation de ses pieds nus sur les galets de la plage où elles avaient été débarquées, des galets lisses et ronds que la mer avait longuement polis. Elles auraient probablement voulu découvrir cette plage dans d’autres circonstances. Mais elles n’eurent pas le loisir de s’attarder, et, angoissées, elles rejoignirent le harem du sultan. C’est l’un des détails émouvants de cette histoire : sous les feuillets de Marguerite, dans cette grande boîte en bois, se trouvaient quelques galets, dont j’imagine que Marguerite les a ramenés en souvenir de son périple.

Au harem  les récits des femmes qu’elles rencontrèrent avaient été édifiants : si elles ne se montraient pas respectueuses et obéissantes, le sultan n’hésiterait pas à les fouetter, nues, sans attendre, parfois devant toute la petite communauté du harem, réunie pour la circonstance. Les seuls souvenirs de châtiments corporels de Marguerite remontaient à sa tendre enfance, quand un jour, excédé par ses caprices, son père lui avait administré une cuisante fessée. Mais très vite une coutume s’était installée dans son château de province, inspirée des familles royales : lorsqu’elle se montrait désagréable, c’était sa dame de compagnie, la pauvre Blanche, d’une noblesse moins haute que la sienne, qui subissait le courroux paternel. Excitée malgré elle par l’idée de la fessée, il n’était pas rare qu’elle invente des bêtises pour provoquer cette punition, et sa chère amie recevait tantôt une simple fessée cul nu, tantôt, pour des bêtises plus graves, une série de coups de baguette qui zébraient ses cuisses et ses fesses de fines traces rouges. Alors, le soir, elle s’introduisait dans la chambre de son amie, et pour sécher ses pleurs et calmer ses douleurs, elle venait l’embrasser en lui demandant pardon, tout en caressant les chairs encore meurtries, fascinée par ces traces rouges que son amie avait endossées à sa place. Très vite leurs caresses se faisaient plus précises, et elles s’endormaient enfin, après avoir joui, mille étoiles dans la tête, leurs corps enfin détendus enlacés.

Pendant des semaines, Marguerite et Blanche frémirent à l’évocation de la sévérité du sultan, en se demandant si tout ce qu’on leur racontait était vrai ou simplement destiné à augmenter leur effroi. Le sultan avait coutume de mander régulièrement l’une de ses favorites, et elles appréhendaient qu’un jour ce soit leur tour. Un matin, on les sépara. Et ce fut quand arriva le soir que l’on demanda à Marguerite de mettre sa plus belle robe et de se préparer à rencontrer le sultan.

1 commentaire:

Lotus a dit…

Miam

Messages les plus consultés