mardi 18 octobre 2011

Désir, complicité et synchronisation : de la réalité au jeu, du jeu à la réalité













Lorsque j’ai commencé à écrire ce blog, je n’avais encore jamais franchi la barrière du fantasme, et le fait d’imaginer des situations et la façon dont j’aimerais les vivre était une manière pour moi d’expliciter en pratique la manière dont j’imaginais que cela puisse se passer.

Lorsque j’ai commencé à échanger sur Internet avec des partenaires potentielles, lorsque celles-ci me demandaient comment j’imaginais la « scène »,  j’avais dans l’idée (et je proposais) une sorte de jeu de rôle, d’improvisation théâtrale, où chacun puisse « jouer » la situation qu’il désirait et imaginait. Je me suis rendu compte que ce point de vue était quelque peu théorique et artificiel et pouvait conduire à imaginer des situations stéréotypées. En fait – et c’est juste mon expérience – c’est en échangeant longuement qu’en général les choses se sont faites, que la complicité s’est créée, que le désir s’est installé de manière beaucoup plus naturelle, sans avoir besoin de décrire un cadre très précis.

Je me rends compte que c’était sans doute un besoin de me rassurer, de fixer en quelque sorte un cadre avant de le fixer moi-même !

Pour que le désir s’installe, j’ai par contre eu toujours besoin de sentir une situation de « défaut » de ma partenaire qui l’amenait à subir la punition que je choisissais de lui administrer. Cette punition devait être  « méritée », avoir un  « sens ». J’ai toujours échangé au préalable sur le type de punition qui lui « convenait », car même si dans la situation réelle je choisis et administre la punition, il est plus qu’important pour moi d’être dans la « justesse ».

En effet chaque personne a son propre imaginaire, ses propres limites, qui évoluent de plus avec le temps. Pour donner un exemple, la punition la plus « sévère » que j’ai administrée le fut lors de ma première expérience, à l’aide notamment d’un martinet aux longues lanières de cuir et d’une fine baguette de bois. Dans une longue relation plus récente, le parcours fut beaucoup plus « doux », les fessées à main nue étant prépondérantes, de plus en plus cuisantes cependant, avec l’utilisation graduelle et proportionnée du martinet ou du slapper. Là aussi il fut délicieux d’avancer progressivement, d’échanger sur nos univers respectifs et de trouver ensemble de nouveaux chemins à parcourir.

Le plus difficile sans doute est de se retrouver, pour moi, dans une situation « réaliste », justifiant pour les deux protagonistes le déclenchement de la fessée tant redoutée. Parfois l’attitude réelle de ma partenaire, qui ne cherchait absolument pas de fessée à ce moment là, m’a réellement énervée et blessée, et ce furent sans doute les punitions les plus signifiantes pour elle et pour moi. D’autres fois, cela partait d’un prétexte plus ou moins éloigné de la réalité, mais qui suffisait à catalyser notre désir.

Il n’y a pas de règles. Il faut échanger avant, il faut échanger après. Se nourrir du ressenti de l’un et de l’autre. Et ne pas se dire que tout être parfait du premier coup.

J’ai toujours adoré lorsque ma partenaire me faisait un retour sur la punition qu’elle venait de subir, en m’ouvrant parfois de nouveaux horizons, m’exprimant son ressenti, sa honte d’avoir été punie, me suggérant parfois que je n’avais pas été assez sévère …

En une ou deux rares circonstances, je suis tombé à côté (enfin … pas ma main ! Rire !), j’ai mal interprété ce qu’elle désirait au fond d’elle-même, et cela a été une situation très frustrante pour l’un et pour l’autre. Et qui a pu se résoudre grâce à l’échange de nos ressentis respectifs.

C’est pourquoi il est nécessaire d’échanger, en quelque sorte se synchroniser, comprendre comment chacun fonctionne. Dans cette découverte mutuelle, le rythme est important et doit convenir aux deux personnes. Et comme dans toute relation, il est illusoire de demander à l’autre de deviner son désir …

J’ai expérimenté, rarement, des situations imaginaires, très fantasmatiques. J’étais un sultan sévère, elle était une jeune princesse capturée sur un navire croisant au large des côtes … Ce fut délicieux. Je m’en inspirerai peut-être pour écrire un jour un récit.

De la réalité au jeu, du jeu à la réalité, c'est une danse entre les deux partenaires, et chacun l'interprète à sa manière, car la danse est un art.

9 commentaires:

Lotus a dit…

J'attends avec impatience le conte du sultan et de la princesse...
Lotus

Lotus a dit…

Et simple question indiscrète ;) La première fois pour toi était donc assez violente, puisque tu as utilisé toute sortes d'objets divers...Est ce que c'était ce à quoi tu t'attendais ? Ce que tu désirais ?

Sam a dit…

@Lotus
Pour le conte, oui, sans doute bientôt ... mais il faudra un peu de patience ...

Pour les questions indiscrètes, en général c'est par mail (le mien est sur mon blog ;-), ce qui me permet moi aussi d'en poser en retour 0:-) Mais pour te répondre quand même, oui je m'y attendais car nous en avions parlé, et oui je le désirais parce que cela faisait partie de mon univers fantasmatique (et du sien bien évidemment). La seule inconnue à l'époque était ma réaction face au passage "en vrai", mais je m'étais donné également comme règle de ne pas forcer mon désir.

Après, je ne qualifierais pas l'utilisation d'instruments de "violente", mais plutôt d'"intense". La violence étant de faire subir un acte au delà des limites de la personne. Nous avions d'ailleurs convenu de l'utilisation d'un "safeword", pratique assez classique. Qu'elle n'a pas utilisé :-)

Enfin je ne suis pas trop attiré par les instruments avec un penchant "BDSM", mais plutôt des instruments avec une connotation "régressive" (martinet, brosse, baguette ...). Mais ça doit se sentir dans mes récits. Même si certaines lectures (de sultan et de princesse par exemple) m'ont fait rêver, mais que je ne classerais finalement pas dans le monde BDSM.

Lotus a dit…

Oui ne t'inquiète pas, je ne suis pas du genre BDSM non plus, à vrai dire je dirais même que ça m'énerve assez quand j'entends des gens classer la fessée dans cette catégorie. Excuse moi j'ai mal choisi mes mots. Il est évident que tout cela ne peut exister (à mon sens) que dans un consentement mutuel, sans "violence" mais bien "partage". La violence n'ai rien à voir.
Pour moi ... Disons que je ressens un trouble intense à sa simple évocation, et j’admets totalement le lien avec mon enfance. Mais si effectivement je trouve ton mail sur la page, je te raconterai plus précisément :)
Et excuse moi aussi du retard, je n'en reste pas moins une grande fan :p

Sam a dit…

@Lotus
Pas de souci, je ne m'inquiète pas ;-)
Pour le mail, oui, qui cherche trouve ;-)
Et j'espère bientôt la suite des histoires ...

Hypocrite a dit…

Et bien... Que de chemin parcouru en finalement peu de temps. ;-)
Ce dernier semble passer bien vite.
Ton billet m'a fait penser à mes propres premiers pas.

"Enfin je ne suis pas trop attiré par les instruments avec un penchant "BDSM""

Tu sais que ça ne veut rien dire ça ? ;D
C'est quoi les instruments avec un penchant bdsm ?

Je ne suis pas d'accord avec Lotus. Je ne vois pas comment la fessée peut s'exclure d'un contexte D/S ou S/M. ;-)

Sam a dit…

@Hypocrite : Oui, tu as raison, je ne regarde jamais assez le chemin parcouru pour le mesurer ... et ça redonne le sourire !

Oui, finalement, j'ai fait mes premiers pas presque à ton âge ;-)

Pour mes penchants (tout à fait pervers ! Rire !), tu as raison, je me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire, c'est que je n'étais pas attiré vers le décorum du type cuir, croix de St André, etc ... avec des codes que je trouve très rigides (bon, j'ai ouï dire que même des filles très bien se sont fait jeter paraît-il de forums BDSM parce qu'elles-mêmes ne supportaient pas d'utiliser systématiquement le "Monsieur" ou le "Maître" ... mais ce n'est qu'un rumeur !).

Oui, bien sûr, pour moi la fessée va impliquer pendant le "jeu" une relation de domination/soumission, mais j'ai l'impression que quand on parle de BDSM, cela fait référence à ces codes et ces pratiques qui ne sont pas les miens. C'est juste ce que je voulais suggérer. Je me suis déjà baladé sur des forums que je qualifierais de purement BDSM (dans le sens donné ci-dessus), cela ne résonnait pas en moi. A la différence de DD ou OJ par exemple.

J'avais écrit un post à l'époque sur les différences que je voyais entre les deux : http://samuel555.blogspot.com/2010/09/fessee-et-bdsm.html

Hypocrite a dit…

Mais, moi, je suis méga pour donner du "Monsieur" ou du "Maître"... quand cela a du sens !
(tain' mais qui t'a raconté ce ragot encore ?? sourire.)

Sam a dit…

@Hypocrite : Oui, l'important c'est que nos expériences et nos attitudes aient du sens, bien sûr ... Quant aux rumeurs et autres ragots, oui, on trouve décidément n'importe quoi sur le web ;-)

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