lundi 31 mai 2010

Princesse Marion (première partie)


 











Ce jour là Marion était d’humeur joyeuse. Je me réveillais à peine, fatigué d’une soirée un peu arrosée, mais la vision de sa jupe courte laissant entrevoir ses cuisses fuselées accéléra soudain ma concentration.

-          Dis … Sam … (sourire mutin). Aujourd’hui … j’ai envie de jouer à la petite princesse !
-          Ah … à la petite princesse bien élevée, alors, j’espère …
-          Ah … ça … tu verras bien !

Un éclat de rire vint ponctuer cette déclaration non dénuée de provocation … Je repris en précisant ma pensée :

-          Parce que … tu connais le proverbe ?
-          Non … lequel ?
-          Petite princesse bien élevée … reçoit un câlin mérité …
Petite princesse mal élevée … reçoit une bonne fessée !
-          T’es pas drôle !
-          Ah bon (air innocent) ?
-          De toute façon … je serai une petite princesse exemplaire ! Demain je ferai les titres dans les journaux ! Elue princesse de l’année !

La journée s’écoula, presque tranquillement. Presque … à dire vrai ma petite Marion n’avait pas été si exemplaire que cela. Elle m’avait cherché toute la journée, réclamant sans cesse mon attention. Fatigué, je dois dire que ma fermeté habituelle avait été mise à mal. En d’autres mots je m’étais laissé quelque peu déborder. Nobody is perfect … La soirée avait été agréable, mais une sorte de tension s’était installée entre nous deux. Le soir était venu.

-          Bon ! Dis-donc, j’ai été exemplaire, hein ?
-          Oui … enfin … non …
-          Ben … c’est oui ou c’est non ?
-         
-          Bon … je vais me coucher … tu me racontes une histoire pour m’endormir ? Tu ne t’occupes jamais de moi, d’abord ! Ca te changera !

Ces derniers mots étaient de trop …

-          Je ne crois pas que tu le mérites …
-          Oh … s’il te plait …
-          D’accord … je vais m’occuper de toi … je vais te raconter une histoire …

Le ton de ma voix déclencha dans les yeux de Marion une lueur fugitive d’inquiétude. Mais sa curiosité reprit vite le dessus.

-          Oui ! Raconte !
-          Alors écoute … Il était une fois ... dans un lointain pays ... une petite princesse qui avait grandi en toute liberté. Vous me direz, quelle chance ! Libre comme l'air ! Libre de faire ce qu'elle voulait ! Alors la petite princesse n’en faisait qu'à sa tête ... et avait pris de très mauvaises habitudes. Tout ce qu'elle réclamait, elle l'avait. Vous me direz encore : quelle chance ! Mais ce que vous ne savez pas, c'est que la petite princesse, au fond d'elle même, n'était pas si heureuse. Certes, elle obtenait tout ce qu'elle voulait, mais plus elle en avait, plus elle en voulait, et son pouvoir la grisait tellement qu'elle était devenue une petite princesse de la pire espèce, les petites princesses capricieuses et mal élevées. Et au fond d'elle même elle se sentait malheureuse quand elle sentait qu'elle avait fait de la peine à quelqu'un à cause de son attitude ...

Je sentis Marion devenir sérieuse … elle avait soudainement compris que son attitude de la journée présentait quelques analogies avec le comportement de la petite princesse dont je lui racontais l’histoire. Et elle ne savait que trop bien la manière dont je pouvais faire usage pour remettre les petites princesses dans le droit chemin … Je poursuivis mon récit.

-          La petite princesse était depuis longtemps sortie de l'enfance mais résidait encore au palais. De nombreux précepteurs avaient essayé de lui enseigner de nombreuses choses, mais ils ne tenaient généralement pas plus d'un mois. Le lendemain elle devait rencontrer le nouveau précepteur, le dernier en date étant parti au bout de deux jours malgré des émoluments particulièrement généreux (mais la petite princesse avait été particulièrement capricieuse et mal élevée).

Pour l'heure, la petite princesse se promenait en ville, vêtue de sa jupe courte qui laissait dépasser ses cuisses fuselées. Elle fut intriguée par un homme assis sur un banc. Il se dégageait de lui quelque chose qui attira la petite princesse. Elle l'aborda directement, la petite princesse n'ayant pas l'habitude de prendre des gants ou de faire des manières ... enfin ... cela dépendait en fait ... elle faisait certaines manières ... qui en aucun cas ne ressemblaient à celles des petites princesses bien élevées, je vous l'ai déjà dit. D'un autre côté c'était aussi une petite princesse spontanée et enthousiaste. Comme vous pouvez le constater, une sorte de joyeux mélange. La petite princesse aborda l'inconnu en ces termes :

- Bonjour !

L'inconnu leva les yeux, croisa le regard de la petite princesse et dit :

- Bonjour Mademoiselle.

L'inconnu rebaissa la tête vers le livre qu'il était en train de lire.

- Eh ! Vous pourriez me regarder, dites ! C'est quoi ces manières ?

La petite princesse était très vite agacée dès lors que ses désirs étaient contrariés, mais malgré le ton de sa voix, l'inconnu ne broncha pas.

- Et puis d'abord qu'est-ce que vous lisez ?

L'inconnu leva les yeux avec un air agacé et répondit :

- Je lis un manuel d'éducation à l'usage des petites princesses impertinentes !
- Ah bon ! Très intéressant sans doute !
- Plus que vous ne le croyez ...

Bien sûr le livre que lisait l'inconnu n'était absolument pas un manuel d'éducation, mais la petite princesse qui l'avait bien compris se sentait vexée de ce trait ironique et poursuivit :

- Bah ! Que des balivernes sans doute ! De toute façon cela ne me concerne pas.
- Pourtant ... d'après ce que j'ai pu entendre de vous ... je suis sûr que les méthodes décrites ici vous feraient le plus grand bien, petite princesse.
- Ah ah ah ... très drôle ... de toute façon ce n'est pas vous qui oseriez les employer avec moi ...
- Vraiment ? N'en soyez pas si sûre petite princesse ... maintenant merci de me laisser tranquille ... je retourne à ma lecture ...

Et l'inconnu tranquillement baissa les yeux, ce qui fit monter la colère chez la petite princesse qui l'apostropha :

- C'est mon royaume ici ! Occupez-vous de moi !

Et d'un geste elle fit voltiger le livre de l'inconnu. Celui-ci la regarda une seconde, surpris. Ses yeux se firent noirs et sa bouche sévère. Il se leva lentement et saisit le poignet de la petite princesse, qui, subjuguée se laissa faire.

- Très bien. Oui, je vais m'occuper de vous. Et tout de suite !
- Je ... je suis ... dé ... désolée ...
- Pas autant que moi. Mais je vois qu'avec vous une seule méthode est susceptible de marcher ...
- Une ... une méthode ? La ... laquelle ?
- Eh bien ... les petits princesses capricieuses ... mal élevées ... je les couche sur mes genoux ... et je leur administre une bonne fessée ...

Comme dans un rêve la petite princesse se sentit attirée par l'inconnu qui s'assit sur le banc, bascula sur ses genoux la petite princesse et commença à lui administrer une série de claques sur ses fesses. La petite princesse se débattit, mais rien n'y fit. Enfin, lorsqu'elle se releva, le visage rempli de larmes, vexée, furieuse, elle dit :

- Vous me le paierez !

L'inconnu eut juste un sourire et la petite princesse tourna les talons en direction de son palais. Le soir, dans sa chambre, ses fesses la chauffaient doucement, sa colère était retombée et elle s'endormit apaisée.

Le lendemain matin elle fut appelée par le chambellan. Celui-ci lui indiqua que le nouveau précepteur était arrivé et l'attendait dans la salle du trône avec la reine, sa mère. Toute excitée par cette nouveauté - souvenez vous, en général les précepteurs tenaient rarement plus d'un mois - elle se précipita dans la salle du trône. La reine était en conversation avec un homme qu'elle aperçut tout d'abord de dos :

- Je ne sais pas si vous tiendrez plus d'un mois, vous savez. Je crois qu'ils ont tout essayé ... Ah, tenez ... vous allez faire connaissance avec ma fille, je crois qu'elle arrive. Vous avez carte blanche. Et bonne chance à vous.

L'homme se retourna. La princesse se retrouva nez à nez avec l'inconnu rencontré la veille.

- Voilà ton nouveau précepteur ma chérie. J'espère que tu feras des progrès avec lui.
- Oh je n'en doute pas majesté ... nous nous sommes déjà rencontrés hier fortuitement, et je crois que votre fille a déjà eu un petit aperçu de mes méthodes.

Ce faisant le précepteur regarda de bas en haut la petite princesse qui se mit à rougir de plus belle quand elle se rendit compte que ce n'était peut-être pas une bonne idée d'avoir remis ce jour là sa jupe courte. Le précepteur rajouta :

- Et je crois que nous allons avoir l'occasion de développer tout cela ... sans me vanter je crois que je vais pouvoir apporter un nouveau point de vue sur la question ... changer l'angle d'attaque ... basculer sur d'autres méthodes ...

La petite princesse prit un air indigné mais devant l'air calme, sévère et juste du précepteur, elle se ravisa, baissa les yeux et d'une toute petite voix dit ces mots dont elle n'aurait jamais imaginé qu'elle put un jour les prononcer :

- Oui ... je veux bien ...

Je cessai l’histoire et tournai la tête vers Marion. Celle-ci rougit et baissa les yeux.

-          Et bien ma petite princesse … je crois que je nous avons des comptes à régler tous les deux …
-         
-          Je vais m’occuper de toi maintenant …


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