samedi 13 février 2010

Ce matin là ...

Ce matin là, nous nous étions réveillés vers 9h30, après une nuit récupératrice, un sommeil de plomb. La veille au soir, le voyage avait été long, et, fatigués par la route et l’heure tardive de notre arrivée, nous avions à peine esquissés un sourire et une caresse l’un envers l’autre avant de nous abandonner à la fraîche douceur des draps de ce grand lit que nous venions d’installer, un peu groggy. Le chalet en bois blond, décoré simplement, participait à l’impression de sérénité retrouvée, une sorte de communion avec la nature environnante, surtout ces grands arbres qui semblaient nous dire en silence combien les racines sont importantes, condition nécessaire pour s’élever ensuite sans crainte vers le ciel, s’ouvrir à l’air et à la lumière pour grandir en étant solidement relié au sol.

C’était aussi la joie de retrouver des choses simples et essentielles, sentir le soulagement d’être arrivé après un long voyage, boire un verre d’eau, se sentir vivant dans l’instant présent, sentir le soulagement d’enfin se poser, le désir d’aspirer au sommeil, vite, faire le lit, vite, se déshabiller, vite, une douche, même si l’eau est un peu fraîche, vite, rire et s’ébrouer, enfiler un caleçon et une petite culotte propre, vite se rejoindre et s’enlacer sous la couette, vite se réchauffer, sentir que l’autre est là, se sentir bien, mmmmhhhhh, non, trop fatigué pour faire l’amour, mais oui, quand même une caresse ou deux, juste pour projeter le désir, oui, demain …

C’était la joie d’un week-end qui coupe le rythme parfois abrutissant de nos vies citadines, une parenthèse que l’on s’offrait, un espace de liberté, une rencontre, sans rien attendre de spécial, sans rien projeter, juste le plaisir de se dire que l’on est ensemble, et laissons faire la vie, laissons venir ce qui arrivera, on verra bien, on improvisera … Juste prendre le risque de la rencontre. Juste s’arrêter deux jours, juste se parler, juste être là.

Nous avions espéré un grand soleil, qui nous aurait permis un déjeuner sur la grande terrasse, le thé noir sucré au miel avec du pain grillé et de la confiture de citrons amers, un croissant acheté la veille, un peu rassis, mais c’est bon quand même, tout ou presque avait été prévu. Sauf le temps. Un épais brouillard flottait dehors, enveloppant les arbres de lambeaux de brume mystérieuse, comme dans un conte de fées. Il en fallait plus pour nous décevoir.

-          Marion ! Lève-toi ! Il est presque 10h !
-          Je suis fatiguée … laisse-moi …

La voix endormie qui montait de dessous les draps était celle d’une chipie qui s’était couchée trop tard toute la semaine, malgré mes injonctions répétées.

-          Marion … tu te souviens de ce que j’ai dit … et de ce que tu m’as répondu … qu’il n’y avait pas de problème, que tu serais matinale, en pleine forme …
-          Mais on s’est couché tard … je veux dormir …
-          Marion … je serai désolé de commencer ce week-end par une bonne fessée …
-          Je … je … oui, oui … j’arrive …

Je vis alors à ma grande surprise émerger du lit la tête ébouriffée de Marion, souriante. Ses bras écartèrent les draps et elle se leva.

-          Dis-donc ! Tu te lèves bien vite ! Qu’est-ce qui t’arrive ?
-          Disons que je ne voulais pas te voir désolé de commencer ce week-end en me punissant … je t’ai promis que je serai sage, alors je tiens ma promesse. Je ne veux pas t’embêter …

L’air ironique et taquin démentait ses propos …et me fit sourire à mon tour.

-          Bien ! Je vois que mes leçons commencent à porter ses fruits !
-          Oui … tu vois, tu as bien fait d’insister …

J’attirai Marion à moi et nous échangeâmes un baiser, lèvres contre lèvres, et nos langues se taquinèrent, jouant à sortir et se cachant derrière les dents l’instant d’après. J’avais enserré de mon bras gauche la taille de Marion, et ma main droite posée au niveau de ses reins caressait doucement ses fesses.

-          Oui … mais attention à toi … tu sais ce qui t’attend si tu verses de nouveau dans l’insolence, si de nouveau tu ne te prends pas toi-même en main …
-          Oui … ne t’inquiète pas …

Nous en étions restés là. Après le petit déjeuner, nous décidâmes de sortir prendre l’air et d’explorer les environs. Marion était vêtue d’une courte jupe écossaise dont les lignes croisées bleu et vert foncé contrastaient agréablement avec la blancheur de ses jambes et de ses cuisses à moitié découvertes. Malgré le brouillard et la relative froideur du milieu de matinée, elle avait négligé de mettre des bas, arguant que cela ferait apparaître le soleil. Un chandail foncé recouvrait sa chemise blanche, et nous sortîmes main dans la main. Au bout d’une heure passée à explorer les environs, le soleil n’était toujours pas apparu. Marion avait croisé ses bras contre elle, l’humidité plus que le froid avait fait son effet.

-          Sam … j’ai froid …
-          Oui.

La froideur de ma réponse lui fit lever ses yeux vers moi. Elle rencontra un visage neutre et comprit que je n’étais pas prêt à la prendre en charge, compte tenu des remarques que j’avais faites auparavant sur son habillement. Le rouge monta à ses joues. Je sentis qu’elle venait de lire dans mes pensées.

-          Sam … s’il te plait …

Je fis semblant de ne pas comprendre.

-          S’il te plait quoi ?
-          Sam … non … ne me punis pas s’il te plait … je … j’ai eu tort … je ne t’ai pas écouté …
-          Marion … il est temps de rentrer … si je m’écoutais, je me contenterai de continuer cette promenade comme prévu, en prenant soin néanmoins de te cingler les cuisses avec ces branches de saule pleureur que je vois là bas ... tu vois comme elles sont souples ? Je suis sûr que cela te réchaufferait … et on pourrait continuer … mais … d’ailleurs, après tout, pourquoi pas, hein ?
-          Sam … s’il te plaît … j’aurai trop honte si on rencontre quelqu’un … je ne veux pas me promener avec des marques rouges sur … sur …

Marion avait du mal à avaler sa salive.

-          C’est clair que si tu avais mis tes bas … d’une part tu n’aurais pas eu froid … et d’autre part, même si tu devais recevoir une punition pour une quelconque de tes autres bêtises que tu aurais sûrement inventées, cela aurait été plus discret … mais viens avec moi … allons voir ce saule …
-          Sam …

Sans écouter ses timides protestations, je me dirigeais vers l’arbre, dont les longues et souples branches jaunes retombaient en corolle.

-          Tiens ! Prenons celle là ! Et puis, voyons … pourquoi pas celle là ?

Au fur et à mesure que je faisais provision de quelques unes de ces badines naturelles, prenant soin de varier les diamètres, Marion pâlissait.

-          Tu ne vas tout de même pas …
-          … t’accélérer la circulation sanguine ici ? Non, ne t’inquiète pas … je vais attendre que l’on soit rentré …
-          Sam !
-          La prochaine fois, tu auras pris conscience des avantages à porter des bas …qui de plus auraient atténué ta punition …

Le retour se fit lentement, en silence, Marion avait les yeux baissés, et semblait extraordinairement intéressée par ses chaussures. Enfin nous fûmes devant la porte. Marion hésitait à rentrer, sentant se rapprocher le moment fatal.

-          Marion … dès que la porte sera ouverte, tu vas rentrer, enlever tes chaussures, aller à la table, poser tes mains sur celle-ci, et m’attendre. Je ne veux pas que tes mains quittent la table … Tu m’as compris ?
-         

Marion opina de la tête avec difficulté … quelques mots s’étranglèrent au fond de sa gorge … et des larmes commencèrent à perler, remplaçant les mots qui n’arrivaient pas à sortir. Marion mit instinctivement ses mains derrière son dos et baissa la tête. Je donnais un tour de clé et la porte s’ouvrit …

7 commentaires:

Céline a dit…

Ca vallait le coup d'attendre, j'aime beaucoup ce récit.

Macaron a dit…

Hmmmmmmmm ! Y aura une suite ?

Sam a dit…

Merci Céline, merci Macaron.
La suite ? Mmmmmhh ... peut-être ... mais j'aime laisser travailler l'imagination de ces demoiselles ... je raconterai peut-être ... juste après la punition ... ;-)

Rose a dit…

Soupir.
J'ai adoré ton texte !
Eh oh...la suite !!

Sam a dit…

Bon, si tu t'y mets, Rose ... je ne voudrais pas toutes vous décevoir, quand même ;-) donc ... promis, après mes vacances, je vais tenter d'y réfléchir :-)

sweetasian a dit…

Je suis toujours sous le charme de tes écrits, tes photos, et de ta personnalité...
Ne change rien surtout.
Reste tel que tu es...
biz sweetasian qui a mis les accents, l orthographe qui va avec sans langage sms...rien que pour toi ;)

sweetasian a dit…

sauf pour "biz"...je suis désolé..promis je ne le referai plus...
bise, sweetasian

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